• Réparer les vivants de Maylis de Kerangal  (version numérique) ; 207 pages

    un livre qui vous fait sentir vivant

    Ce livre parle d’un sujet grave : le don d’organes, en l’occurrence ceux d’un jeune homme  en état de mort cérébrale suite à un accident de voiture, et dont les parents doivent prendre une décision majeure alors même que leur enfant respire encore.

    Une fois n’est pas coutume, j'ai du mal à savoir si j'ai aimé ou pas ce roman...

    D'un côté il y a la puissance de l'histoire, la puissance des mots, la puissance des sentiments de chacun des personnages, décrits d'une façon unique je dois le dire. L’auteur nous fait en effet vivre  durant 24 heures de véritables montagnes russes émotionnelles. D’abord avec ces jeunes surfeurs qui  vivent à fond leur passion, alors que nous, lecteurs, savons que l’un d’eux va mourir (je me suis surprise à me demander dès les premiers mots lequel des 3 …) . Ensuite avec ce personnel médical  habitué à côtoyer le pire et qui doit s’en protéger  tout prenant garde à conserver son humanité . Avec les parents enfin, auxquels  la terrible réalité est dévoilée peu à peu , des parents terrassés par l’angoisse d’abord (la quête de la maman qui cherche où se trouve son fils au sein de cet hôpital tentaculaire est poignante de vérité) puis par la douleur quand ils comprennent, et enfin la stupeur face à cette décision qu’ils doivent prendre …

     De l'autre il y a ces digressions incessantes qui cassent le rythme et qui finissent par me  lasser, voire m’énerver,  car en cassant le rythme elles cassent aussi le sentiment d'urgence si bien traduit par  le style d’écriture  (des phrases longues, sans pauses ou presque , qui vous laissent essoufflé comme doivent l'être les parents, les médecins et Claire, tout au long de ces 24 heures).

    Sans cela j'aurais sans aucun contexte donné un 5 étoiles à ce roman. A cause de cela c'est presque du  ressenti ment que j'éprouve à l'égard de l'auteure car j'ai l'impression d'avoir lu ce qui aurait pu être un très grand roman. ..

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  • Quand le diable sortit de la salle de bain de Sophie Divry (éditions Noir sur Blanc)  ; 298 pages

    Un "diable" sans queue ni tête ...

     Disons le tout de suite : s’il ne m’avait pas été prêté par une « amie de lecture » , jamais je n’aurais lu ce livre…

    Disons le tout de suite : je n’ai rien compris à ce livre …

    Disons le tout de suite : je n’ai pas aimé ce livre …

    Ce qui ne m’a pas plu ? Pas son côté « improvisé » et « pas sérieux » (ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’auteure elle-même qui définit ainsi son roman). Non, car ce livre me semble trop étonnant pour être totalement improvisé, et trop différent pour ne pas avoir été imaginé et écrit avec  sérieux….

    En effet, même s’il est parfois un peu pénible, le style déjanté ( assumé) de ce livre peut lui donner un certain intérêt : les répétitions , anaphores (figure de style désormais célèbre) et autres mots inventés peuvent faire sourire ou amuser. La forme aussi peut créer la curiosité : pages à découper et ne pas lire pour les prudes , jeux sur les polices d’écriture(taille, format) ou les paragraphes…

    Non, ce qui ne m’a pas plu, c’est son côté « interruptif «(toujours dixit l’auteure !) , et plus globalement son irrégularité.  Certains chapitres sont drôles  (comment réussir à voyager seule et  côté fenêtre dans le bon sens dans le tgv)ou cyniques (le RDV avec la conseillère pôle emploi, la plonge dans les restaurants, forcément réservé à «ces gens là », tous noirs …), et ils sont vraiment réussis !  mais d’autres tombent complètement à plat , et se révèlent sans aucune saveur .

    Quant à la fin , et bien, elle est elle aussi à 100% … interruptive … Et ça , franchement pour moi c’est quasiment le pire qu’on puisse faire  à un lecteur : ne pas lui offrir une fin digne de ce nom, un « the end » avec le clap qui va bien, net, précis ; ou une fin qui prévoit en fait une suite, et qui nous accroche et nous fait attendre le prochain tome avec impatience …Mais là, rien de tout cela, non , rien…

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