• La rage   de Zygmunt Miloszewski (Editions Fleuve Noir) ; 552 pages

    un 3em roman qui m'a laissée sur ma faim ....

    Lecture numérique !

    Je tiens tout d’abord à remercier les Editions Fleuve Noir et Netgalley pour m’avoir permise de découvrir ce livre en avant première !

    Tiens, cet auteur me dit quelque chose, allez vous dire …et c’est normal car c’est le 3eme de ses romans que je lis et chronique ! Mais là je ne vais pas vous faire le coup du policier venu de loin (la Pologne) pour nous surprendre, nous retourner et nous emballer ! Non, je ne ferai pas cela, car contrairement à ses 2 premiers romans que j’avais adorés, celui-ci ne m’a pas plu.  Et j’en suis vraiment  la première déçue !

    Pourtant on y retrouve bien ce procureur revenu de tout, qui continue sa carrière dans une nouvelle ville de province polonaise tout en reconstruisant sa vie privée, avec une nouvelle compagne,  et sa fille venue vivre avec eux.  Mais un procureur qui a perdu l’humour noir qui faisait sa force et permettait d’aller au-delà de ce détachement et de cet ennui qu’il semble toujours et encore trainer au quotidien. Un personnage principal qui perd donc de son piquant pour devenir un héros classique comme on en lit beaucoup.  Le récit en devient gris et terne, comme cette ville dans laquelle il ne se passe pas grand-chose –semble-t-il- avant la découverte du cadavre qui va lancer l’enquête.

    Alors certes il y a bien une enquête, avec ses avancées, ses fausses pistes, ses coupables potentiels. Mais une enquête au fond sans surprise tant l’auteur insiste dès les premiers chapitres sur les caractères et comportements de certains personnages. Une insistance qui en dévoile bien trop pour que ces soit disant fausses pistes fonctionnent vraiment,  à moins que trop habituée à cet auteur je n’ai réussi à décrypter tout cela particulièrement vite. Les actions qui s’enchainent dernière deviennent très vite sans intérêt car très prévisibles, et les rebondissements n’en sont plus, ce qui rend le roman finalement assez vite ennuyeux.

    Lui manque peut-être aussi une partie de ce qui faisait l’intérêt des 2 précédents : un rapport à l’histoire de la Pologne. Dans ce livre ci, on ne se raccroche à rien qui permette d’aller plus loin dans la découvert du pays, au-delà de son système judiciaire, et le traitement de son sujet de fond ( on ne sait rien de ce qui se passe au sein des familles une fois portes et fenêtres closes) en ressort quelque part appauvri car rien ne le rend différent du même sujet ailleurs en Europe.

    Bref, je le redis je suis sortie déçue de ma lecture, et même plus que cela frustrée. Attendais-je trop de cet auteur ? En ai-je fait le tour ? Je ne sais et je ne l’espère pas car il y a tout de même un vrai style, une vraie plume Miloszewski, même si là l’un et l’autre m’ont semblé absents. Mais ce n’est bien sûr que mon avis !

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  • Maman a tort   de Michel Bussi (Éditions Presses de la cité) ; 512 pages

     

    Je n’avais jusqu’ici jamais lu un seul des livres de Michel Bussi (oui je sais j’entends déjà des voix qui s’élèvent « mais comment, toi qui est fan de policiers, polars et autres thrillers tu oses être passée à côté de Bussi » …et bien oui …), et le voyant disponible à la médiathèque, j’ai sauté sur l’occasion de découvrir son dernier roman. Mais autant vous le dire, j’ai été déçue, très déçue. Je me suis en effet très vite ennuyée.

    Le style d’écriture est simple, certes agréable car facile et rapide à lire, mais il manque, à mon goût, nettement de finesse et de subtilité avec un vocabulaire que j’ai trouvé souvent redondant.

    Le récit lui m’a posé de nombreux soucis et dès les premières pages :  pas une seconde je n’ai pu croire  que des flics surchargés sacrifient  une bonne partie de leur temps et de leur énergie pour prendre en charge cette histoire d’enfant de 3 / 4 ans qui explique à son psy que sa maman n’est pas sa maman, surtout quand ils  sont à la recherche d’une bande de braqueurs violents et d’un tueur sans scrupule. Et jusqu’à la fin tout est du même acabit, même si pour ne pas spoiler je ne donnerai pas d’exemple.

    Mais le pire ce sont les personnages, qui m’ont parus stéréotypés au possible, qu’il s’agisse des policiers comme de ceux qu’ils recherchent ! La commandante obnubilée par un seul sujet : se trouver un mâle un vrai, qui pourra lui faire un enfant ; le beau flic viril et doué qui fait fantasmer toutes les femmes parce que en plus c’est un papa modèle ; le méchant tellement méchant, tueur sans cœur de flics, de femmes, d’enfants (de chiens et de chatons aussi ??) ; le psychologue  scolaire beau et intelligent et sensible qui défend cet enfant et le croit contre tous les avis … La place des personnages féminins m’a particulièrement hérissée, car toutes réduites à un seul rôle, celui de mère : les vraies, les fausses et celles qui rêvent de l’être, elles ne sont que cela et rien d’autre tout au long du livre, et franchement au bout d’une centaine de pages je n’en pouvais plus ! D’ ailleurs pour les hommes ce n’est guère mieux finalement : tous des géniteurs, des violeurs ou de lâches séducteurs en puissance. 

    Alors oui je sais, certains diront que nous sommes dans la version adulte d’un conte, avec l’ogresse, l’homme au dragon (ben oui le dragon c’est la moto …), le chevalier, etc etc, et que le premier principe des contes c’est d’être simple, voire stéréotypé,  et de poser des postulats pas forcément crédibles. Mais tout de même, ce conte là manque singulièrement de saveur  et de complexité pour me plaire.

    Bon vous l’avez compris,  je n’ai pas accroché du tout à ce roman, ce qui n’est bien sûr que mon simple avis ! Et comme je n’aime pas rester sur une première déception, je tenterai de lire autre chose de cet auteur, histoire de me construire  un avis plus précis.

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  • Ainsi fleurit le mal  de Julia Heaberlin (Editions Presse de la cité) ; 560 pages

    mort et vie de Tessa ...

    Merci aux éditions Presse de la Cité et à Netgalley de m’avoir permis de lire ce livre en avant première.

    Dans ce roman nous suivons Tessa à l’âge de 16 ans, puis 20 ans plus tard. Tessa n’est pas une jeune fille comme les autres, elle est une survivante, victime avec plusieurs autres d’un tueur en série qui les a ensevelies ensemble au milieu de milliers de marguerites, d’où leur surnom…

    Tout au long du récit Tessa va nous parler, nous expliquer ses doutes, ses peurs, ses questions, les relations qu’elle entretient avec son entourage : la Tessa de 16 ans va nous faire vivre ses entretiens avec le psychologue qui la suit, avec le procureur qui la prépare au procès, mais surtout avec Lydia, sa meilleure amie, avec laquelle jusqu’ici elle avait tout partagé depuis l’âge de 9 ans. La Tessa de 36 ans, elle, va nous faire rencontrer sa fille, sa voisine et les membres d’une association qui se bat pour faire innocenter des condamnés à mort.

    On découvre une artiste et mère elle-même d’une adolescente ; une femme qui semble équilibrée de prime abord mais qui tout de même passe du temps à « discuter » avec celles que tous appellent « les marguerites », les 4 autres victimes. Une femme qui petit à petit va se mettre à douter de la culpabilité de l’homme condamné comme son bourreau, qui attend sa prochaine exécution dans le couloir de la mort d’une célèbre prison texane.

    Dans le même temps on apprend aussi à connaitre une jeune fille traumatisée qui s’adresse à nous, alors que le procès de l’assassin présumé va débuter, procès durant lequel elle va devoir apporter son témoignage, et ce « de la meilleure façon possible », pour mener à une condamnation attendue.   

    Le style s’adapte au rythme du récit, fluide par moment, beaucoup plus saccadé et tranchant à d’autres, ce qui nous donne une réelle impression d’immersion.

    C’est d’ailleurs là que réside la principale force du roman, être capable de naviguer sans arrêt d’une époque à l’autre, de vraiment nous intégrer dans son histoire, et de nous faire vivre le récit à la fois dans la peau d’une adolescente et dans celle de l’adulte qu’elle est devenue.  Une adolescente qui parle d’amitié et de rapport aux adultes, une femme qui elle évoque ses relations avec les hommes et ses difficultés de mère. Et ceci bien sûr de façon exacerbée du fait de l’horreur à laquelle elle a survécu.

    L’aspect « enquête policière », même s’il passe au second plan d’après moi, n’en demeure pas moins très soigné, avec un tempo maitrisé, plusieurs pistes possibles et un final réussi. Bien sûr on y trouve aussi plusieurs clins d’œil à destination de la politique judiciaire et carcérale du Texas, mais finalement plus mesurés que dans beaucoup d’autres romans.

    Il y a en fait un peu de « la nostalgie de l’ange » dans ce livre, certes avec moins de délicatesse dans la forme comme dans le fond, mais avec une vraie histoire, de vrais personnages profonds et complexes, et un mélange réussi de noirceur et d’optimisme malgré tout. Un livre que j’ai lu très vite, avec beaucoup de plaisir, que je vous recommande donc !

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  • Tuez qui vous voulez  de Olivier Barde Cabuçon (Editions Actes Sud) ; 384 pages

    Avec ce roman c’est dans le Paris de Louis XV que nous entrons, à la veille de Noel 1759, pour suivre le commissaire aux morts étranges dans l’enquête sur la mort de 3 personnes.

    C’est le 3eme de la série et  le 1er que je lis (je sais je ne commence pas par le commencement, mais bon j’ai fait en fonction des disponibilités à ma médiathèque) et j’ai beaucoup apprécié de faire enfin connaissance avec ce personnage,  que j’ai trouvé étonnant, de part son mélange d’ancrage dans son époque et de modernisme. Un modernisme qui lui permet d’aborder autrement les missions qui lui sont confiées, de sortir des méthodes habituelles de la police du XVIIIème siècle (qui se résument souvent à arrestation arbitraire, obtention d’aveux, exécution ou emprisonnement) pour identifier les vrais coupables. Un ancrage qui lui permet de naviguer dans les méandres politiques sans trop de difficultés.

    Le récit  est intéressant, rythmé, cohérent et permet de rencontrer  l’étrange chevalier d’Eon, aventurier mystérieux et arrogant, qui se dit espion du roi. Un chevalier que le commissaire apprécie peu et auquel il va se confronter régulièrement. Il permet aussi de mieux comprendre la vision des femmes par la société de l’époque : des ingénues, de douces idiotes, des dévergondées, des prostituées… elles n’apparaissent que rarement compétentes, intelligentes, fiables. Enfin j’ai découvert qui étaient les « convulsionnaires » aux mœurs étranges et sadiques, dont les autorités se méfiaient tout en les laissant faire  (aujourd’hui on les considérerait comme faisant partie d’une secte particulièrement violente).

    Le style d’écriture est lui très agréable, fluide, et nous transporte facilement dans cet hiver 1759 , dans les rues et quartiers de Paris encombrés, au milieu des marchands, des mendiants, des passants qui doivent régulièrement s’écarter devant des carrosses et autres carrioles qui traversent la ville sans s’inquiéter beaucoup de les crotter ni de les renverser. Un Paris sale, sombre, puant, qui bruisse de mille rumeurs et complots plus ou moins avérés ou imaginaires.

    Comme je l’ai déjà indiqué, j’ai  apprécié ma première rencontre avec le chevalier de Volnay et avec l’auteur,  j’ai passé un excellent moment à lire ce roman, à m’imprégner de l’époque et des personnages,  à suivre cette enquête policière, à mieux comprendre Paris dans son quotidien (ses commerces, ses auberges, les repas, la difficile cohabitation entre piétons et chevaux, …). Je n’ai maintenant qu’une envie : continuer à suivre les aventures de ce commissaire (je pense d’ailleurs récupérer le 1er tome histoire de mieux comprendre certains éléments et personnages)  et je vous recommande de faire de même si vous appréciez les policiers historiques !

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  • Il reste la poussière de Sandrine Collette (Éditions Denoel) ; 304 pages

    Glaçante indifférence

     

    Ce roman nous transporte dans la Patagonie profonde, au sein d’une famille de fermiers qui tentent de survivre tant bien que mal, famille composée d’une mère et de ses 4 fils. Enfin, une famille si l’on peut dire car entre eux peu de liens, si ce n’est du mépris pour le 3eme garçon et de la haine pour le dernier des 4, souffre douleur des ainés, 2 brutes sans beaucoup de cervelle…

    Vous l’avez compris, Sandrine Collette nous emmène de nouveau dans un univers de solitude et de violence, dans lequel les émotions et l’humanité n’ont que peu de place.

    Les relations entre ces 5 personnages sont glaçantes. On a en fait plus l’impression d’assister à la vie d’une meute qu’à celle d’une famille, une meute à la hiérarchie établie et à ne surtout pas remettre en cause, sous peine de se prendre une correction. Une meute qui fait prévaloir la force brute plutôt que l’intelligence, et qui n’est solidaire que par pure nécessité, parce que la survie est à ce prix. Car bien sûr il n’est pas du tout question de vie ici, mais juste de survie, de précarité totale. Les sentiments ne sont présents que lorsqu’un des personnages s’éloigne quelque peu de la ferme, comme si celle-ci exerçait une influence maléfique sur ses occupants.

    Il n’y aucun donc aucun doute, la patte de Sandrine Collette est bien là, son écriture tranchante, son style ciselé, sa précision dans la description des lieux et des personnes. On reconnait aussi ses thèmes de prédilection : la solitude émotionnelle, la violence, physique mais surtout psychologique, l’indigence intellectuelle et le sadisme.

    Mais nous ne sommes pas vraiment dans un polar noir, il n’y a pas vraiment de progression  même s’il y a une évolution dans l’histoire, et c’est peut-être ce qui m’a manqué car j’ai pris moins de plaisir à lire ce roman que Nœuds d’acier (fantastique !) ou 6 fourmis blanches (excellent !). J’ai eu en aussi du mal à vraiment m’intéresser au héro du récit, Rafael, trop passif à mon gout, qui subit sans réellement réagir, et qui se contente d’esquiver les coups autant que faire se peut.

    Bref, un bon roman, toujours aussi bien écrit, mais qui, même si je l’ai apprécié, ne m’a pas vraiment embarquée. Il faut dire aussi qu’en 2 livres Sandrine Collette est rentrée dans la liste de mes chouchous, et que j’attends donc toujours beaucoup d’elle ! D’ailleurs un autre de ses romans m’attend bien au chaud dans ma PAL…

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