• (Millenium 4) Ce qui ne me tue pas de David Lagercrantz (éditions Actes Sud) ; 496 pages

    une suite à oublier ...une suite à oublier ...

     

    Lecture numérique !

    Avis à tous les fans de Millenium : arrêtez là, ne lisez pas cette chronique !

    Déjà, je dois vous préciser une chose : autant j’avais adoré la série télé tirée des 3 tomes de la fameuse saga connue de tous les amateurs de polars (nordiques ou pas), autant j’avais eu du mal avec les romans que je trouvais malheureusement très mal écrits (ou traduits ??). Malheureusement d’ailleurs, car autant le style était pénible à lire, autant le fond était là et bien là :  des personnages géniaux et qui vous marquent pendant longtemps (Salander !), un récit fantastique qui vous embarque et dont vous voulez absolument et à tout prix connaitre et comprendre l’issue, une ambiance unique….

    Donc forcément, quand Millenium 4 est sorti, je me suis laissée tentée (après plusieurs mois tout de même !), d’autant plus que l’auteur avait changé, avec peut-être donc la possibilité d’apprécier son style.

    J’ai toutefois très vite déchanté ! Que ce 4eme tome est donc mal écrit…à moins que la traduction ne soit responsable… que de lourdeur dans le vocabulaire et la syntaxe, de redites, de longueurs, de paraphrases, de répétitions… Je râlais toute seule sur ma tablette en lisant les premières pages (à tel point qu’on m’a regardée bizarrement dans l’avion !)  . J’ai failli stopper très vite ma lecture, mais l’effet Salander étant toujours présent, j’ai persévéré ….

    Je ne sais pas trop pourquoi finalement, car sur le fond, pas beaucoup plus d’intérêt …les personnages secondaires ? Des poncifs par dizaines : le gamin témoin du meurtre que tous prennent pour un attardé mais qui est en fait un autiste savant, le jeune journaliste plein d’avenir mais trop naïf, les espions qui dans le fond ont des valeurs, les capitalistes sans âme qui veulent s’emparer de Millenium pour le dénaturer, des méchants tellement méchants qui …je m’arrête là vous avez compris …

    Le récit ? une accumulation de « déjà vu » sans surprises : un chercheur de haut niveau, spécialiste de l’intelligence artificielle, qui se fait assassiner sous les yeux de fiston, dit fiston qu’il va falloir protéger contre ceux qui (ayant enfin compris, les idiots !, le risque qu’il faisait peser sur eux) vont tenter de l’éliminer …tout ceci au milieu d’une traque au hacker menée par la NSA (devinez donc qui est le hacker !!) , et d’une vengeance familiale qui se veut implacable, avec des méchants tellement peu crédibles qu’on les plaindrait presque s’ils n’étaient pas aussi méchants ( ! )

    Même les personnages de Lisbeth, Mickael et Erika tiennent difficilement la route, devenus trop parfaits, trop lisses, trop …trop. Lisbeth notamment, transformée en quasi super héroïne (limite ninja de la nuit, la Lisbeth dans ce roman !) capable de trucider 3 méchants à la seconde tout en communiquant avec un gamin qui n’a jamais parlé jusqu’ici …Mais qu’avez-vous fait de MA Lisbeth, sauvage, ingérable, indépendante et asociale ?

    Bref, vous l’avez compris, je ne vous recommande absolument pas ce roman qui manque de tout ce qui a fait Millenium sans en gommer les défauts d’écriture.

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  • Malefico de Donato Carrisi (éditions de l’Aube) ; 447pages

    sympa mais pas le policier de l'année ....sympa mais pas le policier de l'année ....

     

    Donato Carrisi m’avait totalement embarquée avec son Chuchoteur il y a quelques années, et depuis j’ai lu plusieurs de ses romans en espérant , un peu en vain, retrouver le même niveau de lecture .

    Et une fois encore j’ai terminé ce livre ci en restant sur ma faim …

    Certes les personnages sont intéressants. On retrouve avec un certain plaisir Sandra, la photographe spécialiste de scènes de crime et Marcus le pénitencier amnésique et chasseur de tueurs. On les voit évoluer, tenter de vivre normalement pour elle (quelques années après la mort de son mari) , tenter de comprendre qui le dirige vraiment en sous-main  pour lui. On les suit dans leurs doutes, leurs remises en question, leurs atermoiements, le lien qui se renoue entre eux .

    Certes les descriptions de Rome sont très belles et nous donnent le sentiment de circuler au cœur de cette ville multi millénaire, véritable musée urbain dont je rêve d’arpenter les rues et les monuments. Une vrai réussite d’ailleurs car cette impression de se retrouver, aux côtés des enquêteurs, à la recherche d’un tueur de couples sanguinaire ne nous quitte jamais ou presque et l’on s’imagine sans peine parcourir la ville en tous sens.

    Certes aussi l’écriture est agréable, le style fluide, et on passe somme toute un bon moment avec ce livre facile à lire, globalement sans temps mort.

    Mais il lui manque ce quelque chose qui fait les romans qu’on oublie pas, ceux qui des mois, des années après nous reviennent en tête pour leur inventivité, leur créativité, la qualité de leur histoire, ou la particularité de leurs personnages. Ce quelque chose en plus que possédait Le Chuchoteur, et qui là selon moi fait défaut. Peut-être un petit gout de « déjà vu », tant du côté du tueur que de celui des victimes ?

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  • Jusqu’à ce que la mort nous unisse  de Karine Giebel (Éditions Fleuve Noir) ; 489 pages

    Cousu de fils blancs …Cousu de fils blancs …

     

    Je n’avais jusqu’ici jamais lu Karine Giebel (oui j’avoue…) et voyant beaucoup d’articles et chronique sur cette auteure, j’ai voulu emprunter un de ses romans. Les tous derniers n’étant pas disponibles, je me suis rabattue sur celui-ci, un peu plus ancien. Peut-être aurais-je mieux fait d’attendre.

    Car autant le dire tout de suite, j’ai été plutôt déçue.

    Déçue par l’intrigue qui ne m’a pas particulièrement emportée, et dont j’ai très vite compris la fin (il faut dire aussi que le titre du roman aide bien …).

    Déçue par les personnages principaux, que j’ai trouvés assez caricaturaux : la femme gendarme qui galère dans un milieu d’hommes machos et peu enclins à revenir sur leurs préjugés ; le beau guide ténébreux, rendu si malheureux par la fuite de sa femme qu’il le fait payer à toutes les autres ; le maire tout puissant qui régente son village et sa famille comme un mini royaume dont il serait le maître ; le fils du maire qui se croit tout permis car il est « fils de », …

    Déçue par les relations entre les personnages, qui manquent de subtilité : les villageois chasseurs contre les gardiens du parc chargés de la protection des la faune et la flore ;  l’amitié si franche et si belle entre Vincent et Pierre ;  le commandant du peloton de gendarme et son fils … Et surtout la relation entre Servane et Vincent, qui oscille entre une amitié « virile » et un amour impossible mais qui peut-être en fait pourrait être possible après tout (ce message ci d’ailleurs m’a particulièrement déplu mais  je ne peux pas en dire plus sous peine de dévoiler un des aspects du roman).

    Déçue des pistes ouvertes,  mais jamais vraiment utilisées jusqu’au bout, alors qu’elles auraient pu apporter de la profondeur à certains personnages et servir le récit pour l’enrichir : les fêlures profondes de Vincent, les peurs de Servane, la rancœur du prêtre, …

    Une chose toutefois est particulièrement réussie : la description de la montagne, de sa beauté, de son mélange étonnant de rudesse et de délicatesse, rudesse de la roche,  délicatesse des couleurs. L’auteure nous donne le sentiment d’y être, d’assister à ce coucher de soleil, de participer à cette montée vers un superbe lac d’altitude, et de vivre la peur de Servane face au vide.

    Bref, j’ai un peu eu le sentiment d’être devant un de ces téléfilms policiers devant lequel on s’installe après une journée un peu trop remplie, dont on comprend les tenants et aboutissant au bout de 5 minutes à peine, mais qu’on regarde jusqu’au bout parce qu’on aime bien l’acteur principal, que les images sont belles et que cela délasse même si on sait parfaitement que ce sera sans surprise et vite oublié.

    Vous l’aurez compris je ne vous recommanderai pas forcément ce roman, mais je compte bien tester un des autres livres de Karine Giebel pour savoir si c’est à celui-ci que je n’ai pas accroché ou bien si c’est définitivement son style qui ne me touche pas.

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  • Am Stram gram  de MJ Arlidge (Editions les Escales) ; 364 pages

    Jeu mortel

    Jeu mortel

    J’ai craqué il y a quelques mois  pour ce roman plébiscité par de nombreux blogs et libraires et pourtant  il m’a fallu le challenge mois du thriller organisé par la rousse bouquine  pour le lire.

    Que dis je le lire, le dévorer plutôt !

    Car je l’ai dévoré, ce roman,  de la première à la dernière page, en quelques heures, prise dans ce jeu macabre déclenché par un tueur sadique, qui enferme deux personnes (conjoints, amis, collègues) dans un endroit sans issue, sans nourriture, ni eau, mais avec une arme à feu, une balle, et un message clair : une seule personne pourra sortir, et pour cela  l’autre doit obligatoirement mourir. Am Stram Gram … 

    La structure du livre est celle d’un page turner : des chapitres courts, rythmés, qui passent en alternance des 2 personnes piégées aux enquêteurs, puis du survivant à ces mêmes enquêteurs.

    Même si certains personnages manquent d’originalité (la femme flic teigneuse, le second alcoolique, la journaliste fouineuse, …), on est totalement emporté par le récit, et immédiatement ou presque, on court contre la montre aux cotés de ces policiers qui très rapidement comprennent que le temps des victimes est compté.  5 jours, 10 maximum avant que l’un ne soit tué par l’autre, et que le survivant doive ensuite continuer à vivre avec une culpabilité qui va le ronger et peut-être le détruire.  A chaque couple qui tombe dans le piège, on se demande qui va céder, qui va tuer, et quelle sera sa vie après.

    On cherche aussi à comprendre qui peut bien faire ça, pourquoi, et comment un être humain peut en arriver à infliger autant de souffrances, physiques et mentales. On partage ces souffrances qui mènent  à la limite de la folie. Et bien sûr, en tant que lecteur on finit à un moment ou un autre par se demander « et si j’étais à leur place, je ferais quoi ? ».

    Bref, nous ne sommes pas dans un chef d’œuvre de littérature, mais bien dans un de ces livres qui vous happent presque malgré vous, et qui vous entrainent dans leur univers, en l’occurrence ici fait de noirceur, de brutalité, de violence. Un roman qui mérite largement son succès auprès des amateurs du genre, et que je vous recommande donc !

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  • 658   de John Verdon (Editions Grasset) ; 448 pages

    C’est avec les vieux flics qu’on fait les meilleurs polars ?

    658. C’est la première énigme à résoudre par David Gurney, ancien flic new yorkais à la retraite appelé à l’aide par une vieille relation de fac : comment l’homme qui le harcèle depuis plusieurs semaines  a-t-il pu deviner ce nombre, choisi totalement au hasard ? Aurait-il  affaire à un médium ?

    Puis viennent les meurtres, l’enquête, la volonté de comprendre, pour identifier le tueur et l’arrêter. Un tueur particulièrement tordu et manipulateur, au rituel alambiqué et retors, et qui se moque ouvertement, et à plusieurs reprises, de ceux qui le recherchent.

    Un classique donc. Oui un classique mais un excellent classique, enlevé, intelligent, qui pose question et vous empêcherait presque de dormir.  Le récit qui imbrique vie de couple et enquête est maitrisé, les personnages intéressants, l’intrigue bien menée, et le méchant pas identifiable en quelques pages.

    J’ai particulièrement aimé les chapitres qui réunissent dans une même salle une majorité de personnages : procureur, flics, profileur, Gurney . C’est là que l’auteur donne le meilleur du roman, dans les échanges qui se bousculent, les dits et non dits,  les interrogations mutuelles, les provocations, les incompréhensions, les oppositions. Des moments si bien écrits qu’on pourrait se croire présent dans la pièce, et qui m’ont fait penser à certaines des meilleures scènes de New York District (pour moi  peut-être ce qui se faisait de mieux en terme de série policière américaine). C’est là aussi qu’on se rend compte que John Verdon maîtrise parfaitement le rythme de son histoire, alternant les moments lents et les accélérations soudaines, les reculs, les avancées, les progressions et fausses pistes,  et ce jusqu’au dénouement final.

    Bref, un très bon polar, dévoré en quelques jours, et qui me donne envie d’aller jeter un œil sur les autres romans de Verdon (je sens que ma liste de « à lire » va encore s’allonger … mais ceci est une autre histoire !).

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