• Flétrissure  de Nele Neuhaus (Editions Actes Sud) ; 368 pages

    Décidément j’aime cette auteure !

    C’est le 4eme roman de Nele Neuhaus que je lis, et franchement j’y prends toujours autant de plaisir ! Et ce n’était pas gagné car il s’agit du premier traduit en français, je l’ai donc lu après d’autres plus récents.

    Pourtant aucun souci ! Certes je suis remontée en arrière dans l’histoire personnelle de ses 2 héros, mais cela ne m’a procuré aucune gène. Au contraire j’ai pu faire encore mieux connaissance avec Oliver et Pia qui sont devenus petit à petit des incontournables pour moi.

    Là ils sont amenés à enquêter sur la mort violente de plusieurs personnes âgées, tuées dans des conditions particulièrement dégradantes, et vont découvrir leur passé. Un passé qui va faire remonter des souvenirs du pire de l’Allemagne, et leur faire comprendre comment certains bourreaux de l’époque on pu échapper à des condamnations pourtant méritées.

    Comme dans chaque roman, Nele Neuhaus mêle vies privées et enquêtes, le sujet de fond n’étant pas un fait de société mais l’histoire tellement lourde et particulière du pays, et comment celui-ci a su (ou pas) passer outre pour avancer. En l’occurrence il est surtout question de silence, de repli sur soi, voire de fuite en avant. Soit pour nier, et tenter d’oublier ; soit pour se  repaître du dit passé  ad nauseam, bien à l’abri derrière des murs.

    Et comme toujours avec elle, pistes (vraies ou fausses) et personnages (sympathiques ou repoussants) s’entremêlent, pour nous faire douter, nous faire avancer puis reculer, jusqu’à nous mener exactement là où elle le souhaite, avec un dénouement peut-être moins surprenant (en tout cas pour moi !) mais en tout cas toujours aussi recherché.

    Vous l’avez compris, j’ai tout autant apprécié ce livre que les autres, son récit, sa cohérence, les questions qu’ils pose aussi (peut-on pardonner l’impardonnable ? comment vivre avec un passé familial et historique parfois lourd ?  …), et je vous le recommande chaudement !  

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  • Congo Requiem  de Jean Christophe Grangé (Éditions Presses de la Cité) ; 736 pages 

    Que c’est bon un Grangé de ce niveau !

    Nous voici, avec cette suite du très bon « Lontano », de retour au cœur du clan Morvan et de son histoire, avec une plongée dans le passé africain de Grégoire, le patriarche.

    Nous partons avec lui  et son fils Erwan dans une Afrique centrale dangereuse, sanglante, brutale, primitive, pleine de bruits et de fureur. Et simultanément nous suivons Loïc et Gaëlle dans leur périple européen, lancés aux trousses d’un tueur particulièrement tordus.

    Nous retrouvons donc la noirceur inhérente à tous les romans de Grangé, qui nous décrit ici un continent à la dérive et des pays qui s’enfoncent dans une violence sans fin ;  les uns et les autres utilisent des prétextes politiques pour massacrer, violer, mutiler, et surtout s’enrichir sur le dos des populations. Des conflits  présupposés  inter ethniques n’ont en fait de sens que si on les observe vu de la course aux ressources rares cachées dans des parcelles d’une jungle immense. Et si les  massacres à coup de machette ou de casse tête –Afrique oblige-semblent rendre les actes plus terribles, le mobile du crime est et demeure toujours le même : l’argent !

     La violence est aussi présente, et largement, en Europe,  en France, face à Loïc et Gaëlle ; une violence qui peut paraître moins brute mais n’en demeure pas moins d’une grande sauvagerie et finalement guère plus « civilisée ».  

    Ce Congo Requiem ne respire donc ni l’optimisme ni la joie de vivre,  mais c’est dans ce contexte que les Morvan font finalement réussir à mieux se comprendre, en découvrant le passé de leur père, de leur mère,  et à faire corps pour se défendre des coups portés par un tueur fou et retors.

    Avec ce roman, comme avec Lontano, j’ai enfin retrouvé le Grangé percutant et emballant des Rivières pourpres , avec son style rapide, fluide et efficace,  un récit qui vous prend et vous embarque de la première à la dernière page (et mine de rien cela compte quand on lit un pavé qui en comporte 800 !) , des personnages complexes et intéressants ; avec un plus un lien vers une actualité que nombre de personnes ignorent : le pillage des ressources rares en Afrique, qui fait en plus la richesse de trafiquants en tous genres.

    Et retrouver un Grangé au meilleur de sa forme ou presque, franchement cela fait un bien fou quand on a été fan des premiers jours  (et tellement déçue ensuite par plusieurs de ses romans !  )

    Vous l’avez compris je vous recommande chaudement ce roman, qui est à lire obligatoirement après Lontano !

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  • Le cri  de Nicolas Beuglet (Éditions XO ) ; 496 pages 

    Bon scenario et roman décevant !

    Merci à Livraddict et aux Éditions XO de m’avoir offert l’opportunité de découvrir ce livre.

    Ici il est question de folie, de course poursuite, de meurtres, de plongée dans le passé récent et peu reluisant  de certains services secrets. Il est question de douleur aussi, celle des 2 personnages principaux auxquels la vie n’a pas vraiment fait de cadeaux jusqu’à présent.

    Alléchant me direz vous si vous êtes adepte de thriller ! Et c’est vrai qu’elle était alléchante cette histoire ! Mais autant vous le dire, le résultat n’est pas à la hauteur, en tout cas pas à la hauteur de ce que j’attends d’un roman… Je m’explique.

    Le fond du récit est intéressant lorsqu’on aime le genre (ce qui est mon cas !), même si pas forcément toujours très innovant : une mort suspecte dans un hôpital psychiatrique particulièrement sinistre, un cadavre au passé trouble, une femme flic obstinée et fonceuse. De quoi attiser la curiosité donc !  Le rythme, tout d’abord lent (voire très lent) s’emballe petit à petit, pour vraiment monter en puissance dans le dernier tiers du roman, et nous pousse à vouloir malgré tout connaitre la fin ; en cela le livre est plutôt bien construit.

    Mais que c’est mal écrit ! Moi qui aime les auteurs qui savent jouer avec les mots, qui maitrisent la langue française et ses subtilités, qui savent nous faire partager les sentiments de leurs personnages avec délicatesse et nous faire vivre leur sujet par la précision des sensations, j’ai failli abandonner à peine quelques pages lues ! Je lis aussi  beaucoup de policiers et thrillers que certains qualifient de « romans de gare »  aux styles trop simples,  que je qualifie moi d’efficaces car ils nous embarquent  vite et sont au service de l’histoire (c’est ce que  j’attends prioritairement du genre).

    Là, j’ai découvert un  style à mon goût ni agréable, ni efficace, mais  lourd, maladroit, voire franchement mauvais par moment ; pour moi, les répétitions, les phrases toute faites,  les expressions convenues étaient beaucoup trop nombreuses pour permettre une lecture agréable ;  le vocabulaire m’a paru  redondant et les mots parfois utilisés à mauvais escient.

     Tout ceci  a largement gâché mon plaisir de lecture, ce qui quelque part est vraiment dommage car le tempo, lui, est plutôt bien trouvé, et que finalement je suis arrivée au bout avec un dernier tiers en mode « poursuite » sur les chapeaux de roues !

     J’ai donc en fait le sentiment que quelque part on a voulu à tout prix faire d’un bon scenario de film tourné vers l’action et les changements de rythmes  un roman qui finalement pêche par trop d’imprécisions en terme d’écriture.

    Bref, vous le comprendrez, je ne vous le recommande pas, ce qui, je le redis est franchement dommage (et à l’encontre de pas mal de critiques de lecteurs semble-t-il) … Mais bien sûr ce n’est que mon humble avis !

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  • Ahlam  de Marc Trevidic (Éditions JC Lattès) ; 324 pages

    Monstrueux et Magnifique ….

    En nous contant l’histoire de Paul, de Farhat, d’Ahlam et d’Issam, Marc Trevidic nous plonge dans un sujet que l’ancien juge anti terroriste connait très bien : comment une personne peut en arriver à se transformer en un assassin froid et détaché au nom d’une religion qu’elle maitrise à peine. Mais il nous parle aussi d’art, d’amour, et d’amitié profonde, ce qui fait de son roman à la fois une source d’ombre et de lumière, de peur absolue et de grand espoir.

    L’histoire est belle, riche, puissante, et on sent parfaitement la maitrise du sujet de fond, cette glissade lente, progressive mais inéluctable d’Issam vers la noirceur et le pire. On le voit petit à petit s’enfoncer, se perdre, sans que personne ne puisse y faire quoi que ce soit. On comprend mieux qu’avec un reportage comment quelqu’un de plutôt intelligent, élevé dans une famille aimante et douce, peut malgré tout finir enrôlé dans un groupe qui prêche la violence et le fanatisme : les recruteurs salafistes savent parfaitement détecter les failles (même minimes) et besoins de chacun, et appuyer dessus, en apportant des solutions qui semblent simples et cohérentes. Le phénomène de motivation de groupe est bien présent aussi, utilisé par touche ou comme un argument fort (pour ceux qui se sentent isolés).

    Marc Trevidic laisse en même temps   la place à l’espoir, avec le personnage d’Ahlam, lumineuse, énergique,  moderne, qui croit en un futur pour son pays et pour les femmes. Farhat aussi représente une forme d’optimisme : à la fois respectueux de certaines traditions et curieux de nouveautés et d’ouverture, il est quelque part le personnage fort et le plus attachant du livre. Il va offrir son amitié et son soutien à Paul, essayer de comprendre leurs différences, les accepter,  sans jamais juger, sans presque jamais critiquer.

    L’écriture elle, est très plaisante, riche, le vocabulaire pédagogique et relevé sans être pédant. Le style est fluide et vraiment très agréable.

    Vous l’avez compris, ce livre m’a plu, énormément. Le seul petit bémol que j’apporterai  concerne l’histoire d’amour, trop attendue, qui peut par moment venir gâcher le récit. Mais malgré cela, je vous conseiller vivement sa lecture, pour comprendre, pour réfléchir, et pour voyager aussi, dans cette Tunisie tellement fragile et courageuse

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  • Central Park  de Guillaume Musso (Éditions X0) ; 448 pages

    Si vous êtes fan de Musso ne lisez pas cette chronique !

    Il m’arrive de temps en temps d’avoir envie de lire du « jetable » : un roman vraiment facile, vite lu, qui me fait passer un peu de bon temps, et que j’oublierai très vite. Et je trouve Guillaume Musso vraiment fait pour ces moments là, avec ses romans simples, pas trop mal écrits, qui tiennent à peu près la route et vous permettent quelques heures de lecture délassante sans aucune prise de tête. Central Park est le 3eme ou 4eme livre de lui que je lis (et je vous avoue que à part « la fille de papier », j’ai totalement oublié titres et histoires !), mais là Musso m’a déçue, alors même que pourtant, je n’attends pas beaucoup de ses livres.

    Le pitch de départ est intéressant (2 personnes qui se retrouvent menottées ensemble sans se connaitre), la visite de New York somme toute agréable. Mais après…

    Le récit m’a paru très vite tellement  abracadabrantesque  qu’il a perdu tout intérêt : comment croire une minute qu’une femme flic présentée comme plutôt aguerrie puisse se laisser ainsi embarquer dans une histoire pareille ? On se doute bien dès les premières pages qu’il y a un « loup » quelque part ! Quant au final  choisi par l’auteur pour expliquer à la fois le comportement de ses personnages et les différents rebondissements, il  m’a semblé à la fois tellement tarabiscoté et soudain  ( bon sang mais c’est bien sûr !) que j’en ai soupiré : oui je voulais lire un roman facile, sans prise de tête, mais là tout de même il ne faut pas exagérer, j’attends un minimum de recherche et une fin qui ne tombe pas comme ça d’un coup avec un twist qui permet de s’en sortir « d’un seul coup d’un seul ».  

     Les personnages, on en parle ? Ils ont tellement souffert (et moi avec !) que non il ne vaut mieux pas, car là encore vous m’entendriez (façon de parler) soupirer sur leur manque de profondeur réelle.

     Le style ? efficace, calibré, mais à part ça ...

    Bref vous l’avez compris, ce livre n’était pas du tout pour moi, et j’aurais mieux fait de m’abstenir de l’emprunter, si ce n’est à but touristique, car je le dis, j’ai fait une agréable balade dans les rues et les quartiers de Big Apple ! Mais bien sûr, il ne s’agit là que de mon humble avis !

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