• Enclave tomes 1, 2,3 de  Anne Aguirre  (Editions Hachette Black Moon) ; 320 pages, 384 pages, 377 pages

    The Walking Dead version YA

    The Walking Dead version YAThe Walking Dead version YA

    Dans cette trilogie, nous nous trouvons dans un monde post apocalyptique (dont nous découvrirons petit à petit les causes) et nous suivons Trèfle, Del , Bandit et Tegan dans leur lutte pour survivre à des monstres sanguinaires qui peuplent la surface et ne souhaitent qu’une chose : les dévorer…

    Un thème assez classique donc, et des personnages principaux qui le sont aussi :  Trèfle, la tueuse de monstres née sous terre, qui ne connait rien d’autre que son Enclave et les tunnels autour ; Del  son co équipier, tout aussi efficace qu’elle, trouvé enfant dans les tunnels et recueilli dans l’Enclave ; Bandit ( qu’ils vont rencontrer après leur bannissement) le chef d’une meute ultra violente de gamins nés en surface et survivants dans les décombres de la ville ; Tegan, prisonnière de la bande de Bandit, qui va les accompagner malgré sa faiblesse apparente (qui cache en fait une vraie force intérieure).

    Les éléments classiques des romans YA sont bien là : des rebondissements réguliers, un rythme très efficace, une écriture simple, fluide, facile à lire, des héros qui grandissent et se construisent en même temps que le récit se déroule.  Certains sont à mon gout  moins réussis, comme cette histoire de triangle amoureux qui aurait nettement mérité soit d’être plus travaillée, soit d’être plus discrète dans le récit, mais c’est le genre qui veut ça.

    L’histoire délivre aussi sa dose de violence, avec notamment  des combats particulièrement sanglants par moment : cela découpe, cela décapite, cela mord à tout va, avec le sang qui gicle, en abondance, et avec de nombreuses descriptions. J’ai trouvé ces scènes parfois répétitives mais plutôt bien décrites avec ce qu’il faut de réalisme et de cruauté.

    Les aspects politiques et sociétaux sont assez bien trouvés, l’auteure nous proposant les différentes solutions de survie choisies par les communautés que les héros vont croiser : sélection brutale des plus forts, spécialisation des personnes et élimination des plus faibles pour les uns, militarisation générale pour d’autres,  protection et entraide parfois, voire vie en solitaire pour les plus aventureux ou les plus égoïstes.

    Pour résumer, cette trilogie est globalement réussie, sans énormes surprises mais prenante d’un bout à l’autre. Les personnages sont attachants, le style simple et agréable, le récit cohérent, et j’ai eu le sentiment de lire un « Walking Dead »  version YA qui tient la route et propose un équilibre intéressant entre violence réaliste et  rêve d’un avenir meilleur. Je recommande donc à ceux qui aiment le genre (attention, à ne pas faire lire avant au moins 13/14 ans).

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  • La bibliothèque : grandir de Pauline Deysson  (Éditions Pauline Becker) ; 502 pages

    Très partagée sur cet étrange roman

    Tout d’abord je tiens à remercier vivement livraddict et Pauline Deysson qui m’ont permis de découvrir ce roman, très gentiment accompagné d’un mot et d’un marque page de l’auteure.

    Ici nous faisons la connaissance d’Émilie, petite fille qui grandit au sein du « Technomonde », un univers dans lequel personne ne sait lire. Les livres ont en effet disparu, supplantés par les jeux vidéos  et les films auxquels chacun peut être connecté quasiment 24h/24 grâce au Revery, petit appareil régissant la vie de chacun. Emilie va être choisie (on ne sait pas vraiment pourquoi)  pour une mission tout à fait particulière et va se retrouver embarquée dans un périple aux mille dangers.

    Certains aspects sont très réussis dans ce roman. La description cohérente et intéressante de ce Technomonde,  qui ne laisse aucun choix à ses habitants : être connectés tout le temps partout sous peine d’être considéré comme asocial et dangereux, et donc traité comme tel. Les personnages, attachants et qu’on prend plaisir à suivre, et notamment Émilie dont on suit ce qui s’avère être en fait un parcours initiatique qui va petit à petit lui faire quitter le monde de l’enfance pour découvrir la réalité de son univers. Les moments du récit qui se situent justement dans le Technomonde, avec les découvertes, les rebondissements, le rythme de progression qui nous permet de mieux en comprendre les limites et les travers.

    D’autres aspects m’ont eu déroutée, et par moment franchement dérangée, limitant mon plaisir de lecture. Les 80 première pages tout d’abord que j’ai trouvé très longues : elles sont là pour poser le décor mais cette introduction m’a paru bien trop longue, et si je ne m’étais pas engagée à lire le roman, je pense que j’aurai probablement arrêté là ma lecture, ce qui aurait été dommage. Les moments du récit qui se situent « à coté » du Technomonde (difficile d’en dire plus sans franchement spoiler !) ensuite, qui interviennent par deux fois et coupent totalement le tempo de l’histoire ;  je les ai trouvé assez étranges, très (trop) longs, à la limite inappropriés, car pour moi ils cassent totalement l’élan et le rythme du déroulé sans apporter énormément de plus value.

    Une fois terminée ma lecture, j’ai supposé (mais ai-je raison ?)  avoir compris ce que l’auteure a voulu nous proposer : la dénonciation d’un monde uniquement centré autour de loisirs simples et sans réflexion, qui maintiennent les individus loin de toute vraie culture et donc de toute curiosité. Une curiosité et une volonté de voir les choses autrement qui vont pousser Émilie à sortir du rang, ce qui lui fera découvrir entre autre qui elle est, quelles sont ses valeurs, et dans quel environnement fermé elle vivait jusque là. En cela, La bibliothèque est un roman vraiment intéressant, et particulièrement bien écrit il faut le dire. Mais il me semble trop long (plus de 500 pages) et surtout pas assez suffisamment centré sur son thème principale pour répondre totalement  à mes attentes.  J’ignore encore si je lirai les prochains tomes (plusieurs sont prévus), partagée entre curiosité pour le devenir d’Émilie et de cette étrange bibliothèque et doute sur l’intérêt des 500 prochaines pages à venir.

    Mais bien sûr ceci n’est que mon avis !

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  • Les pluies de Vincent Villeminot  (Editions Fleurus) ; 338 pages

    Un roman  « Young Adult » réussi !

    Dans ce roman « young adult », la pluie tombe sans fin et cinq enfants et adolescents se retrouvent seuls, au milieu des flots qui détruisent tout. Ils vont devoir se battre, pour survivre d’abord, puis pour rester ensemble malgré tout.

    Je ne suis pas forcément une adepte du genre, mais il faut tout de même admettre que certains de ces romans sont de très bonnes surprises, et celui-ci en fait partie.

     Le récit tout d’abord est diablement efficace, avec un rythme parfaitement maitrisé ; cela va vite, très vite, de plus en plus vite, sans fioriture mais avec réalisme. Les éléments les plus violents sont bien présents, même si édulcorés pour certains (ou plutôt adaptés à l’âge moyen des lecteurs potentiels) : meurtres, phénomènes de foule, violence, pillages, …Les scènes sont franchement bien décrites, sans fioritures, réalistes, qu’il s’agisse de l’eau qui monte, de la foule en attente de porte de sortie, des paysages transformés (difficile d’être plus précise sans spoiler, ce que je me refuse à faire !), ou bien des affrontements parfois inévitables entre les héros et ceux qui veulent les stopper, les voler, les éliminer.

    Comme dans toute situation de crise, l’auteur propose la palette complète des réactions humaines : ceux qui vont aider, ceux qui vont profiter, ceux qui vont magouiller, ceux qui vont vouloir dominer, ceux qui vont se laisser dominer pour survivre. Les protagonistes principaux ont leurs spécificités propres, certes pas toujours subtiles, mais il s’agit d’enfants et adolescents, qui doivent se débrouiller, donc cela reste tout de même crédible (à l’exception peut-être de Kosh, quasi parfait dans son rôle de grand frère protecteur et « droit dans ses bottes »). J’ai particulièrement apprécié que Vincent Villeminot nous épargne ce que l’on retrouve bien trop souvent dans ce genre : les atermoiements rose guimauve de certains personnages. Ici, ils agissent. Ils doutent parfois, bien sûr,  mais sans que cela s’étale sur des pages et des pages.

    Alors oui, ce n’est pas de la grande littérature, oui on se doute un peu que les scènes d’action devraient globalement se finir dans le bon sens, et oui il y a par moment quelques petits raccourcis faciles, mais il n’empêche que cela fonctionne,  que ce roman se lit d’une traite, sans reprendre son souffle, et que pour moi, c’est une réussite ! Alors vivement le tome 2 !

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  • Vostok  de Laurent Kloetzer   (Editions Denoel) ; 432 pages

     

    Quel ennui …

    lecture numérique !

    Dans ce roman d’anticipation, il est question d’une jeune fille, Léo, sœur d’un chef de gang sud américain (Juan), qui va devoir suivre celui-ci et certains membres du gang jusqu’à Vostok, base polaire perdue loin de tout, à la recherche d’une hypothétique bactérie.

    J’attendais beaucoup de ce roman et autant dire que j’ai été particulièrement déçue. Je me suis profondément ennuyée, et avoue avoir lu les 100 dernières pages très vite et sans aucun plaisir.

    Les personnages m’ont parus stéréotypés : le chef de clan violent mais intelligent ; la petite sœur un tantinet rebelle face à ce grand frère, mais pas tant que ça tout de même, et toujours bienveillante malgré tout ; celui qui obéit au chef mais finit par douter et remettre en question ; celle qui vénère le chef mais qui, ancienne droguée, va retomber dans ses travers ; le scientifique russe prêt à tout pour défendre ses recherches, etc etc. Ils sont tous fini par m’horripiler plus ou moins, sans jamais m’intéresser.

    Le récit m’a semblé long, très long, très très long, avec certes des rebondissements, mais tellement attendus qu’on ne peut franchement pas les appeler des surprises. Les descriptions de ce monde de froid et de glace sont effectivement réussies, et nous transportent bien dans cet environnement si particulier, mais jamais je n’ai eu le sentiment d’y être vraiment, pas plus que je ne me suis sentie vivre ce que vivaient les personnages. Je me suis contentée de suivre leurs péripéties sans ressentir quoi que ce soit ou presque.

    Les éléments de science fiction, eux,  n’ont pas été, pour moi, ni suffisamment expliqués, ni suffisamment exploités, notamment cet étrange personnage du ghost, qui aurait mérité bien mieux qu’une simple présence résiduelle. Pas grand-chose sur ce qu’il est vraiment, sur l’intérêt de sa présence pour Léo et pour l’intrigue. Vendre ce roman comme un roman de science fiction me semble tout de même limite, car oui, on se trouve dans le futur (assez récent), mais franchement les aspects « anticipations » sont -pour la lectrice de SF que je suis- tout de même bien trop ténus pour qu’on puisse les mettre en avant. Je les ai en fait vécus comme des aspects « d’ambiance » sans intérêt propre.

    Alors, oui l’écriture est agréable, et par moment plutôt belle (notamment dans les descriptions du froid terrible et de ses conséquences), mais elle ne m’a pas suffi pour apprécier ce Vostok qui m’a laissée totalement indifférente. Je suis totalement passée à côté du livre  (contrairement semble-t-il à pas mal de lecteurs plutôt enthousiastes à son sujet) et je ne vous le recommande donc pas ! Mais bien entendu ceci n’est que mon humble avis.  

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  • Les dames blanches de Pierre Bordage (Éditions l’Atalante) ; 448 pages

    Quand l'Homme est capable du pire au nom de la défense de l'Humanité ...

    Dans ce livre de science fiction, d’étranges bulles blanches sont découvertes sur Terre, un peu partout dans le monde, en petit nombre tout d’abord, puis de plus en plus nombreuses. Elles grandissent lentement, « avalant » au passage  certains des éléments du paysage, et elles attirent vers elles (sans que personne sache pourquoi) des enfants de 3ans (pas en dessous pas au dessus) qui sont les seuls à pouvoir les pénétrer sans jamais réapparaitre. Assez vite les Humains se mettent en tête de les détruire, et s’entêtent dans cette mission, quitte à décider de sacrifier les seuls qui arrivent à y entrer… 

    Pierre Bordage nous propose ici une vraie réflexion sur nos limites et notre façon d’appréhender ce que nous ne comprenons pas. Il nous fait vivre sur plusieurs dizaines d’années les réactions de plusieurs personnages, qui vont réagir de façons très différentes à cette situation : un militaire, des mères de famille, un homme profondément pacifiste, un autre convaincu du bien fondé des décisions prises au nom de la défense de l’Humanité, etc. Chacun va vivre l’arrivée de ces « dames blanches » à sa façon et agir en fonction de son ressenti et de ses valeurs. Certains vont défendre le sacrifice imposé, d’autres le combattre. Certains vont faire partie intégrante d’un système devenu fou, pris dans une course en avant  que d’autres estimeront sans aucun sens. 

    Ce récit est bien sûr une parabole cherchant à démontrer ce que l’humain est capable de faire de pire comme de meilleur ; à démontrer aussi l’effet d’entrainement d’une vision trop simpliste des choses ; à démontrer enfin qu’il n’y a pas plus mauvais conseiller que la peur de l’autre et de l’inconnu.

    Vous l’avez compris, nous ne sommes pas ici dans un roman de science fiction en format page turner plein d’actions et de rebondissement : l’écriture est agréable, même si elle manque peut-être par moment de fluidité, et  Pierre Bordage prend le temps d’installer les personnages et les actions dans la durée, ce qui se traduit par un rythme parfois plus lent, des phrases plus longues. Mais jamais on ne s’ennuie et Bordage sait créer  l’envie d’aller au bout pour enfin comprendre le pourquoi de tout cela.

    Sans en faire un coup de cœur, j’ai donc passé un excellent moment de lecture, et je vous recommande ce livre si vous aimez la science fiction réaliste, proche de nous et plausible.

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