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    Nous allons tous très bien, merci de Daryl Gregory (éditions Le Bélial) ; 193 pages

     

     

    Un étrange roman

     

    Il est question dans ce récit d’un groupe de parole crée par une psychologue, groupe composé de 5 personnes ayant survécu à ce que l’humanité peut produire de pire : tueurs en série ultra violents, cannibales, secte hallucinée. Le but : les faire parler de leurs « expériences » respectives pour les sortir de leur silence, leur enfermement ou leurs obsessions et tenter de les aider à vivre de nouveau.

     

    Ce court livre est un drôle de roman. Drôle non pas parce qu’il m’a fait rire mais parce que je n’arrive pas à le classer dans un genre précis. Roman d’horreur, roman de science-fiction, roman policier, ou bien caricature de tout cela ? Objectivement je serais bien en peine de répondre à cette question mais instinctivement je penche vers la dernière possibilité ….

     

    Bien sûr le but premier de l’auteur est de nous faire partager les peurs et névroses de ses personnages, et de nous raconter ce qui se passe une fois le « méchant » neutralisé, ce qu’il advient « après » l’action, après l’habituelle dernière page d’un polar ou d’un thriller bien sanglant. Bien sûr aussi, il semble vite évident que tout cela va dégénérer, car on ne guérit pas comme ça de tels traumatisme, en s’asseyant en rond et en parlant entre victimes…

     

    Et l’histoire est plutôt réussie, l’idée est originale, le style agréable et fluide, bref tout ceci se laisse lire avec un plaisir certain.

     

    Simplement plusieurs choses me font dire que l’on se trouve plus ici dans une caricature assez subtile du genre que dans un vrai roman policier/fantastique/ gore. Déjà, tous les poncifs du genre sont là : des tueurs tellement pervers et violents qu’on a finalement peine à les imaginer réels ; une psychologue tellement empathique qu’on se demande quel but elle poursuit réellement ; des victimes tellement enfermées dans leurs psychoses qu’on se dit qu’elles même ne sont pas loin de la folie meurtrière. Le récit lui va si loin dans le fantastique (tout en étant cohérent et bien construit) qu’on se dit que décidément tout ceci n’est pas possible. La taille du roman enfin et ses moins de 200 pages me pose question : pourquoi en rester à cette densité alors que le concept trouvé par l’auteur tout autant que son déroulé pourraient parfaitement tenir sur 300, 400, 500 pages et en faire un excellent « page turner ».

     

    Mais il ne s’agit ici que de mon ressenti personnel, et il est probable que je me trompe complètement dans ma lecture de ce roman décidément bien étrange, et que je vous encourage à lire pour vous faire votre propre opinion !

     

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