• Tout simplement effrayant…

    Zone de non droit  de Alex berg (Éditions jacqueline Chambon/Actes Sud) ; 288 pages

    Tout simplement effrayant…

    Valérie Weymann a tout pour vivre sereinement : la réussite professionnelle en tant qu’avocate, un couple uni avec son mari, 2 filles, et un caractère bien trempé. Mais en quelques heures tout s’effondre : soupçonnée de terrorisme alors que des bombes explosent, elle est arrêtée en quelques minutes, enfermée dans une prison allemande, puis elle disparait dans l’une des geôles secrètes  de la CIA…

    Ce thriller politique est particulièrement réussi, impossible à lâcher de la première à la dernière page, tant le niveau de tension est élevé et le dénouement totalement incertain. L’auteure maitrise de A à Z le rythme de son récit, et ne nous laisse pas respirer une minute, passant avec succès d’un personnage à l’autre, d’un point de vue à l’autre, sans aucun répit ni temps mort. Elle décrit à la perfection les peurs, les doutes, les incompréhensions, les questionnements des uns,  le cynisme, la morgue, la brutalité et le manque total d’empathie des autres.  Les sensations aussi sont omniprésentes : le froid, la douleur, la faim, la désorientation, la perte de repère.

    Alex Berg explique comment, somme tout assez simplement et rapidement, on peut détruire une personnalité, une vie, sur la foi d’un soupçon aussi épais qu’une brindille.  Et cette situation fait vraiment peur, surtout dans nos sociétés qui balancent régulièrement entre défense des libertés et volonté de garantir la sécurité des citoyens.  Des sociétés dont certains « protecteurs » sont parfois prêts à bafouer tous les principes et valeurs, et qui nous rappellent cette citation latine « mais qui surveillera les surveillants ? ». Une question qui se pose d’autant plus que les faits prouvent que la torture ne mène à rien d’autre qu’à des erreurs (c’est ici fort bien démontré) et à la naissance (ou au renforcement) de la haine, elle-même à l’origine de ce que l’on cherche à éradiquer.

    Le seul bémol que j’émettrai sur le récit porte sur le choix de l’auteure de faire du responsable du calvaire de Valérie Weymann un personnage sans scrupule, critiqué même par ses propres pairs. Le message aurait peut-être été encore plus fort avec un agent Burrough un peu moins caricatural dans sa quête de pouvoir.

    Mais ce petit point négatif  ne retire finalement que peu de chose à la qualité de ce roman, le premier écrit par Alex Berg, et que je vous recommande chaudement ! Quant à moi, je n’ai plus qu’à ajouter ses 2 romans suivants à ma liste des « à lire » (j’ai comme un doute immense sur le fait d’arriver à lire tous les livres qui me font envie, mais ceci est une autre histoire !).

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