• De la terre dans la bouche   de Estelle Tharreau ; Éditions Taurnada, 260 pages

     

     

      Mon avis après lecture :  4/5  money

    Ambiance : ouch

    Livre lu dans le cadre du Prix des auteurs inconnus  catégorie Noire

    Ici il est question d’Elsa et de la maison dont elle hérite après le décès de Rose, sa grand-mère. Ignorant totalement l’existence de cette maison, elle décide d’aller la visiter avant de très probablement la mettre en vente. Une fois sur place, à Mont Eloi, elle va découvrir tout un pan du passé de son aïeule, réveiller les mémoires tant elle lui ressemble, et faire resurgir les éléments d’une histoire (et de l’Histoire) que certains auraient voulu laisser bien enfouis.

    Parmi tous les débuts de romans que j’ai lus dans le cadre de la présélection pour le prix,  celui-ci était mon premier choix ; en 10 pages, Estelle Tharreau m’avait  vraiment donné l’envie d’en savoir plus, d’aller au-delà de ce petit avant-gout ; autant vous dire que j’en attendais donc beaucoup, d’autant plus que le policier historique est un sous genre que j’apprécie tout particulièrement.

    Et je n’ai pas été déçue ! J’ai dévoré le roman en quelques heures, embarquée dans ce récit qui nous propose, en s’appuyant sur les interrogations et recherches d’Elsa, un retour arrière vers une période particulièrement trouble pour notre pays : celle de la Seconde Guerre Mondiale, de la Résistance, de l’Occupation, puis de l’Epuration. Une période de combats, de clandestinité, de fausses et vraies trahisons, puis de volonté de pourchasser et traduire en justice ceux qui auraient activement collaboré avec l’occupant Allemand ; mais  aussi un temps de règlements de comptes violents et sournois entre anciens voisins, collègues, amis. Avec un certain nombre de drames et de morts violentes à la clé, que protagonistes et témoins tiennent à taire, à cacher, à oublier. Alors forcément Elsa, qui ressemble tellement à Rose, dérange…

    J’ai passé un excellent moment de lecture, avec ces allers-retours entre passé et présent, avec les questionnements  de cette jeune femme aussi,  qui va refaire connaissance avec sa grand-mère et son histoire familiale (celles des femmes surtout), une redécouverte que j’ai trouvé particulièrement touchante. Les personnages, eux, vous font tous, ou presque, douter à un moment de leur sincérité et du rôle qu’ils ont pu jouer alors, et de celui qu’ils jouent encore aujourd’hui.  Alors certes on pourrait reprocher que certains d’entre eux manquent un peu de subtilité (notamment celui de Fred, qui personnellement m’a plutôt agacée), mais finalement cela enlève peu de qualité au roman et on se laisse porter facilement.

    On se laisse aussi porter parce que l’écriture est très agréable, fluide, légère, et sait jouer du rythme pour nous emmener là où l’auteure le souhaite, dans ce coin un peu perdu (dans les deux sens du terme), avec Elsa, Rose, Jeanne, Michelle et les autres.

    Remarque complémentaire : je ne suis pas particulièrement sensible à l’esthétique des couvertures, mais pour le coup, je trouve celle-ci particulièrement belle et réussie, alors je tenais à le signaler !

    Bref,  je vous recommande ce roman et son auteure, une très belle découverte me concernant !

     

    Pour d'autres informations sur Estelle Tharreau :

    Éditions Taurnada

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  • L’étranger dans la maison   de Shari Lapena ; Presses de la Cité, 301 pages

    Meurtre chez les desperate housewives …

    Mon avis après lecture : 3,5/5 money

    Ambiance : frown

     

    Tout d’abord merci à Babelio et aux Éditions Presses de la Cité, qui m’ont offert l’opportunité de découvrir ce roman !

    Ici il est question de Tom, de Karen, de Brigid. Tom et Karen forment un couple sans histoire ; quand à Karen et Brigid, ce sont les meilleures amies du monde, même si Tom ne semble pas très à l’aise avec cette amitié. Et puis c’est l’accident, celui de Karen, dans un quartier peu fréquentable aussi éloigné que possible de la banlieue tranquille dans laquelle vivent les trois personnages principaux du roman.

    A partir de là, Shari Lapena va tisser la toile de son récit, comme celles tissées par les personnages eux-mêmes, dont on va découvrir petit à petit les liens cachés, les petits et grands secrets, les petits et grands mensonges aussi.  Une toile qui semble cousue de fils blancs, tellement ces secrets et mensonges semblent simples, classiques, déjà vus et revus, lus et relus,  et pourtant… les choses sont-elles si simples ?

    Alors certes on pourrait dire que ce n’est pas un très grand  roman. On pourrait lui reprocher que certains des personnages manquent de relief, de profondeur (les enquêteurs notamment, que j’ai trouvés franchement ternes), que d’autres sont particulièrement  irritants de par leur manque de jugeote et leur comportement par moment peu compréhensible, voire stupide. Le récit pourrait paraitre  globalement classique, à l’exception de la chute finale, qui je l’avoue m’a surprise, même si je me doutais qu’elle ne pouvait pas être aussi basique que l’histoire semblait l’annoncer.

    Mais c’est aussi un roman qui, pour moi, fonctionne : son écriture et son rythme le rendent très agréable à lire, et j’ai passé un bon moment de lecture ! Je le recommande donc à celles et ceux qui veulent se détendre durant plusieurs heures, et qui apprécieront de  faire  connaissance avec ces « desperate housewives » version Shari Lapena

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  • A(i)mer de de Odehia Nadaco ; 223 pages

    Une très belle plume noire ….pour lecteurs TRES TRES AVERTIS

     

    Une très belle plume noire ….pour lecteurs TRES TRES AVERTIS

    mon avis : 3/5 

    ambiance awwawwaww

    https://www.prixdesauteursinconnus.com/

    https://twitter.com/odehia

    https://www.facebook.com/Odehia

     

     

    lecture numérique !

    J’ai lu ce roman dans le cadre de la sélection finale pour le Prix des auteurs inconnus, catégorie Noire

    Et autant vous le dire : noir, il l’est ! Noir, violent, sauvage, brut…

    Brut c’est vraiment le mot que je retiendrai de ma lecture, à réserver ABSOLUMENT à des lecteurs avertis. J’insiste car la violence y est décrite sans filtres ni précautions, qu’elle soit physique, mentale, sexuelle. Odehia Nadaco ne fait pas dans la dentelle ni dans l’à peu près, elle est directe, sans fard aucun.

    Brut car l’auteure nous conte l’histoire de Hilton, jeune fils de très bonne famille new yorkaise qui tente de fuir des hommes lancés à sa poursuite pour une sombre histoire de vengeance et d’argent. Brut car avec lui nous allons plonger dans les bas-fonds de la ville, ses squats les plus sordides, ses lieux parmi les plus dangereux. Brut car nous allons découvrir ce que l’humain peut avoir de pire, comme dans une espèce de revue des péchés capitaux modernes : violence, drogue, manipulation, chantage, jalousie, envie, mépris et indifférence.

    Mais nous allons  aussi rencontrer l’inverse : altruisme, amitié, confiance, amour, avec quelques bulles préservées d’humanité et de douceur au milieu de ces horreurs et de cette noirceur ambiante. Des bulles que quelques personnages portent tout au long du récit : Michael l’ami sincère et bienveillant qui tente de ne pas juger ; Sara la clandestine qui cherche ce qu’il y a de meilleur malgré le sordide de sa vie ; cette petite fille qui offre son doudou en soutien (au sens propre comme au sens figuré) à un Hilton bousillé par son ancienne vie de junkie. Des bulles juste essentielles pour tenir le choc dans cette narration de l’horreur vécue comme en apnée.

    Tout ceci porté par une vraie plume, une écriture incisive, précise, qui par ses descriptions particulièrement réussie des lieux, des personnages et de leurs relations, ne nous épargne rien de la saleté, de la sauvagerie, de la brutalité de son histoire. Nous sommes avec Hil dans les rues, dans les pièces du Château, dans sa voiture ; nous vivons ses shoots de drogue, les tortures qu’il subit, les échanges glaciaux avec sa famille aussi, tout cela comme si nous y étions. Cette écriture est la force de ce roman très particulier.

    Vous l’aurez probablement compris, je suis extrêmement partagée sur ce roman. D’un côté sa noirceur totale le rend difficilement lisible et il ne peut être réservé qu’à des lecteurs qui savent dans quoi ils s’engagent ; même moi qui ai le cœur bien accroché et l’habitude des lectures violentes voire gore,  j’ai éprouvé un certain recul, voire un recul certain. De l’autre je le redis, j’ai trouvé le style de l’auteure vraiment excellent et pour moi  Odehia Nadaco  a un talent d’écriture absolument indéniable.

    Malgré ce talent,  je reste très réservée : a(i)mer va bien trop loin à mon goût, je ne me retrouve pas dans ce roman bien trop extrême pour moi, que je ne recommanderais qu’à un cercle plutôt restreint d’amateurs de livres noirs, purs et durs. J’ai toutefois découvert une auteure que je suivrai avec intérêt. Mais bien sûr ce n’est que mon humble avis !

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  •  

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    Les apparences,  de Lydia le Fur (auto édition), 202 pages

     

    Mon avis perso : 2,5/5

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     Tout d‘abord, merci à Julie de https://julitlesmots.com/ d’avoir organisé cette chaine de livres voyageurs, et à Lydia Le Fur de nous avoir mis son roman à disposition.

    Dans ce roman, Liza, jeune artiste peintre talentueuse, devient du jour au lendemain, et sans raison apparente, la cible d’un tueur, qui va chercher à l’abattre à plusieurs reprises. Nous suivons son parcours de pays en pays, un périple qui l’aidera à comprendre les causes de cet acharnement, mais aussi à mieux se connaitre elle-même.

    Plus qu’un policier ou un thriller, c’est un roman d’aventures que l’auteur nous propose ; un roman d’aventures porté par un style d’écriture, alerte, efficace, bref, très agréable à lire. On ne s’ennuie pas une seconde à suivre les péripéties de son héroïne, embarquée bien malgré elle dans une course contre la montre.

    Certains aspects du roman demanderaient toutefois à être plus développés à mon gout.

     La psychologie des personnes d’abord, qui, pour moi, manque par moments d’aspérités et de profondeur : Liza, par exemple ne semble pas si inquiète que cela malgré plusieurs tentatives de meurtre ; pas plus qu’elle ne parait particulièrement étonnée en découvrant certaines réalités qui la concernent.

    Le rythme du récit ensuite. Il est enlevé, sans temps mort. Par contre, à mon avis, certains des éléments auraient pu être approfondis, développés. En s’attardant plus dans certaines villes, en prenant le temps d’étayer certains moments. Non pas pour ralentir le rythme (une des forces du roman), mais pour l’installer un peu plus dans la durée et ainsi donner plus de corps au déroulé de l’histoire, tout en améliorant aussi les temps de transition.

    Bref, un roman qui ne m’a pas totalement convaincue mais  qui m’a permis de découvrir une auteure intéressante, dont j’espère pouvoir découvrir les prochains écrits.

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  • Les blessures du silence, de Natacha Calestremé  (éditions Albin Michel), 352 pages

     

    Mon avis perso : 3/5 arf

    Ambiance : frown

    Pour : ceux qui veulent mieux comprendre les pervers narcissiques

    Merci aux éditions Albin Michel  et à Babelio de m’avoir permis de lire la version « épreuves non corrigées » de ce roman.

    Ici, deux récits se côtoient, celui d’une femme qui décrit sa vie avant sa disparition, et celui du policier qui va enquêter sur celle-ci afin de savoir ce qui lui est arrivé : enlèvement, fuite, suicide ou meurtre ?

    Une construction assez classique donc, pour une histoire qui l’est un peu moins : suivre en parallèle les deux personnages centraux nous permet très vite de comprendre que derrière la façade lisse de cette famille parfaite se cache une réalité terrible, celle d’une violence du quotidien, faite de rabaissement, de mépris, de mots qui blessent et qui détruisent à petit feu.  

    Tout l’intérêt du roman réside ici, dans la description de cette maltraitance insidieuse, qui ne se voit pas mais est bien réelle et tout autant douloureuse et destructrice que la violence physique. Les mots, eux, sont justes, l’écriture fluide, agréable, certes pas forcément très recherchée mais efficace.

    Je mettrai toutefois deux bémols au plaisir que j’ai ressenti à ma lecture. Le récit tout d’abord est beaucoup trop convenu à mon goût, sans aucune surprise réelle quand on est-comme moi- habituée à lire ce genre de livres. Tout est trop : trop lisse, trop assuré, trop pervers, trop linéaire, trop simple, à tel point qu’on se trouve parfois selon moi à la limite du poncif. Les personnages ensuite, que j’ai trouvé très manichéens avec le sentiment que l’auteur nous délivre une version romancée du « portrait illustré du parfait petit pervers narcissique et de sa victime », en cochant chacun des éléments nécessaires à la personnalité de chacun des deux protagonistes.

    Bref, vous l’avez compris, il y a du pour et du contre dans ce roman, auquel personnellement j’avais préféré Le testament des abeilles, du même auteur.

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