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    Les apparences,  de Lydia le Fur (auto édition), 202 pages

     

    Mon avis perso : 2,5/5

    Ambiance :   Résultat de recherche d'images pour "bonhomme qui court"

     

     Tout d‘abord, merci à Julie de https://julitlesmots.com/ d’avoir organisé cette chaine de livres voyageurs, et à Lydia Le Fur de nous avoir mis son roman à disposition.

    Dans ce roman, Liza, jeune artiste peintre talentueuse, devient du jour au lendemain, et sans raison apparente, la cible d’un tueur, qui va chercher à l’abattre à plusieurs reprises. Nous suivons son parcours de pays en pays, un périple qui l’aidera à comprendre les causes de cet acharnement, mais aussi à mieux se connaitre elle-même.

    Plus qu’un policier ou un thriller, c’est un roman d’aventures que l’auteur nous propose ; un roman d’aventures porté par un style d’écriture, alerte, efficace, bref, très agréable à lire. On ne s’ennuie pas une seconde à suivre les péripéties de son héroïne, embarquée bien malgré elle dans une course contre la montre.

    Certains aspects du roman demanderaient toutefois à être plus développés à mon gout.

     La psychologie des personnes d’abord, qui, pour moi, manque par moments d’aspérités et de profondeur : Liza, par exemple ne semble pas si inquiète que cela malgré plusieurs tentatives de meurtre ; pas plus qu’elle ne parait particulièrement étonnée en découvrant certaines réalités qui la concernent.

    Le rythme du récit ensuite. Il est enlevé, sans temps mort. Par contre, à mon avis, certains des éléments auraient pu être approfondis, développés. En s’attardant plus dans certaines villes, en prenant le temps d’étayer certains moments. Non pas pour ralentir le rythme (une des forces du roman), mais pour l’installer un peu plus dans la durée et ainsi donner plus de corps au déroulé de l’histoire, tout en améliorant aussi les temps de transition.

    Bref, un roman qui ne m’a pas totalement convaincue mais  qui m’a permis de découvrir une auteure intéressante, dont j’espère pouvoir découvrir les prochains écrits.

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  • Les blessures du silence, de Natacha Calestremé  (éditions Albin Michel), 352 pages

     

    Mon avis perso : 3/5 arf

    Ambiance : frown

    Pour : ceux qui veulent mieux comprendre les pervers narcissiques

    Merci aux éditions Albin Michel  et à Babelio de m’avoir permis de lire la version « épreuves non corrigées » de ce roman.

    Ici, deux récits se côtoient, celui d’une femme qui décrit sa vie avant sa disparition, et celui du policier qui va enquêter sur celle-ci afin de savoir ce qui lui est arrivé : enlèvement, fuite, suicide ou meurtre ?

    Une construction assez classique donc, pour une histoire qui l’est un peu moins : suivre en parallèle les deux personnages centraux nous permet très vite de comprendre que derrière la façade lisse de cette famille parfaite se cache une réalité terrible, celle d’une violence du quotidien, faite de rabaissement, de mépris, de mots qui blessent et qui détruisent à petit feu.  

    Tout l’intérêt du roman réside ici, dans la description de cette maltraitance insidieuse, qui ne se voit pas mais est bien réelle et tout autant douloureuse et destructrice que la violence physique. Les mots, eux, sont justes, l’écriture fluide, agréable, certes pas forcément très recherchée mais efficace.

    Je mettrai toutefois deux bémols au plaisir que j’ai ressenti à ma lecture. Le récit tout d’abord est beaucoup trop convenu à mon goût, sans aucune surprise réelle quand on est-comme moi- habituée à lire ce genre de livres. Tout est trop : trop lisse, trop assuré, trop pervers, trop linéaire, trop simple, à tel point qu’on se trouve parfois selon moi à la limite du poncif. Les personnages ensuite, que j’ai trouvé très manichéens avec le sentiment que l’auteur nous délivre une version romancée du « portrait illustré du parfait petit pervers narcissique et de sa victime », en cochant chacun des éléments nécessaires à la personnalité de chacun des deux protagonistes.

    Bref, vous l’avez compris, il y a du pour et du contre dans ce roman, auquel personnellement j’avais préféré Le testament des abeilles, du même auteur.

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  • Le vide, de Patrick Sénéchal (éditions Fleuve), 737 pages

    Noir, très noir !

     

     

    Ma note : 4,5/5 cool

    Ambiance : frown

    Pour : amateurs de roman noir (déprimés s'abstenir !)

     

    Sans les multiples post de mordus sur le groupe FB « mordus de thriller » (un groupe privé de partage de lectures sur le thème que vous pouvez deviner aisément !), je pense que je serais probablement passée à côté de cet auteur canadien. Et j’aurais eu tort ! Donc mille mercis aux mordus tordus pour tous leurs conseils tellement variés (enfin sauf si on se place du point de vue de ma MAL –dont il faudra vraiment que je vous parle un jour - et de ma liste d’envies, qui grandissent grandissent grandissent… mais ceci est un autre sujet !).

    Ici il est question d’un millionnaire qui devient animateur télé, de flics désabusés mais têtus,  de meurtres sanglants, de suicides étranges, de téléréalité, d’un psychologue au bout du rouleau. Il est surtout question de désespoir, de perte de repère et de sens, de petitesse et de grandeur, de désillusion aussi. Exprimé comme cela, cela donne envie non ?  Et pourtant … Pourtant, l’auteur réussit à nous embarquer avec lui.

     Les personnages sont complexes, même si pas forcément très attachants. On les suit toutefois avec énormément d’intérêt car leur évolution n’est jamais évidente à deviner (leurs actes sont d’ailleurs à plusieurs reprises surprenants). Tous traversent des épreuves terribles et vont y faire face de toutes les manières possibles. Au travers de leurs comportements et réactions, c’est la psychologie humaine que l’auteur passe en revue, sans réellement rendre plus compréhensibles certaines attitudes. Pourquoi ce besoin de se faire humilier en direct par exemple ? Ou d’exhiber ses failles au risque de les voir ensuite se retourner contre vous ?  Pourquoi choisir de voir exhausser ces rêves si petits, si mesquins, si égoïstes,  alors que d’autres, bien plus altruistes ou utiles auraient pu être réalisés ? Sénécal pose donc de vraie questions sur l’humain : sa relation à autrui ; à ce que chacun considère comme de l’intime ou du montrable ; ses priorités ; ses envies profondes, y compris les plus malsaines.  

    Surtout, c’est la structure du livre qui surprend : les chapitres, soigneusement numérotés, ne sont pas présentés dans l’ordre chronologique. Plus surprenante encore est la proposition de l’auteur. Dans le prologue il laisse en effet  le choix au lecteur : lire le récit dans l’ordre proposé ou bien en suivant les chapitres, ce qui nécessite une certaine gymnastique, mais est tout à fait possible. J’ai trouvé cette démarche unique car engageante pour le lecteur, qui avant même de débuter doit faire ce choix, duquel découlera forcément deux manières différentes d’appréhender la lecture, notamment en terme de rythme. Après quelques instants de réflexion, j’ai opté pour la lecture telle que proposée (non chronologique). D’où un rythme avec des cassures, de brusques montées en tension avant des retours arrière ou des temps plus calmes, plus lents. Le récit est prenant, mais peut-être un peu trop long par moment : 50 à 100 pages de moins auraient permis de le rendre encore plus étouffant et « embarquant » (mais ce n’est que mon avis !).

    Avec ce roman, j’ai découvert un auteur au style unique, particulièrement noir aussi, qui au-delà du seul récit propose une vision fondamentalement pessimiste et questionnante de la psyché  humaine. Je le recommande donc vivement … aux lecteurs avertis et non dépressifs !

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  • Prise au piège, de Robert Dugoni (éditions AmazonCrossing), 462 pages

    Un page turner réussi

     Ma note : 4/5 yes

    Ambiance : eek

    Pour : les amateurs de page turner

     

    Lecture numérique !

    Merci aux éditions AmazonCrossing et à Netgalley de m’avoir permis de découvrir ce roman et son auteur.

    Ici il est question de la découverte  du cadavre d’une jeune femme dans un casier de pêche au crabe, à proximité de Seattle. Tracy Crosswhite et ses coéquipiers, membres de l’unité des crimes violents, vont être chargés de l’enquête, qui va commencer par l’identification difficile de la victime. Le thème central est assez classique donc : une inconnue morte violemment, des super flics, une enquête à mener. Mais l’enquête, justement, va progressivement montrer que tout n’est pas aussi classique que cela dans cette histoire, de même que les personnages.

    Des personnages qui tiennent tous la route.  Les femmes sont au centre du récit, avec leurs doutes, leurs fêlures, leur volonté d’avancer aussi, plus forte que tout,  malgré les drames terribles qu’elles ont connus (assassinat d’une sœur, mort tragique de parents, …).  Du côté des protagonistes masculins, plus en retrait, on pourrait reprocher la présence de quelques clichés (le duo de flics inséparables, le supérieur sans carrure, …), mais ils ne nuisent pas à la qualité de l’histoire et rendent certains de ces hommes plutôt attachants (et puis les clichés ne correspondent-ils pas régulièrement à une certaine réalité ?).

    Le point fort du roman c’est surtout son tempo : aucun temps mort, une intrigue qui se dévoile progressivement, avec l’alternance des points de vue de Tracy et d’Andréa, l’un sur le déroulé de l’enquête, l’autre sur ce qui s’est produit avant la découverte du cadavre. L’écriture est très agréable,  efficace, précise ;  elle se met au service du rythme qui va crescendo. Elle nous  permet en même temps de découvrir cette région des Etats Unis, ses villes comme ses paysages, si bien décrits qu’on a le sentiment d’être avec les personnages, dans ce restaurant, ce phare, ce chalet, au bord de l’eau, ou en pleine forêt. Les sensations de chaleur, de froid, d’humidité, de bruit, de calme, sont présentes, affirmées.

    J’ai lu ce livre en 2 jours (malgré ses plus de 400 pages),  embarquée dès les premières pages, et avec une seule envie : arriver au bout, et savoir le pourquoi du comment ! Vous comprendrez donc que je vous le recommande ! A noter : il s’agit du 4eme roman avec ces personnages ; le fait de n’avoir pas lu les précédents ne m’a pas dérangée, je pense d’ailleurs de les procurer afin de mieux faire connaissance avec Tracy Crosswhite.

     

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  • Condor, de Caryl Ferey (éditions Folio Policier), 512 pages

    Noir c'est noir ...

     

    Ma note : 4,5/5 cool

    Ambiance : aww

    Pour : les amateurs de polars noirs et de romans sociétaux /politiques

     

    Tout d’abord, merci à Livraddict et aux éditions Folio de m’avoir offert ce roman, le 2eme de Caryl Ferey que je lis.

    Ici il est question de morts qui n’intéressent pas grand monde : des gamins d’un quartier pauvre de Santiago du Chili. Pas grand-monde à part un prêtre au grand cœur, un ancien proche de Salvador Allende survivant des purges de Pinochet, et une jeune femme Mapuche. Ensemble ils vont faire appel à un avocat, fils de grands bourgeois chiliens mis aux bans sa famille, et vont mener  une enquête qui fera ressurgir des sujets datant de la période noire de l’histoire du pays.

    Caryl Ferey va donc utiliser le récit pour brosser le portrait d’un pays qui n’en a pas fini avec son passé récent, un pays déchiré entre très grande richesse et grande pauvreté, et dont les dirigeants ont préféré mettre un voile pas si pudique que ça sur les actes commis durant les années Pinochet. 

    L’histoire est  dure, âpre, sans fards ni fioritures. La galerie des personnages proposés est riche et balaie l’ensemble de la société chilienne : gosses des rues, gosses de riches, minorités exclues du pouvoir, minorité régnant sur la politique et l’économie, anciens ayant vécu le coup d’État de Pinochet dans un camp ou dans l’autre, ayant été torturés ou ayant torturé. Les personnages eux-mêmes sont complexes, et à quelques exceptions, tout en nuance, jamais ni tout blancs, ni tout noirs. Tous portent leur part d’ombre et de violence, retenue ou exprimée.

    Comme dans Zulu, l’auteur nous embarque avec lui dans une intrigue qui monte en puissance, en tension, avec un rythme maitrisé, qui va crescendo. La brutalité des mots, des actes, des gestes est omniprésente, ainsi que le passé du pays, qui sans cesse est rappelé (par petites touches ou flash-back plus longs). Les sentiments naissent, ou se réveillent, lentement d’abord, puis avec de plus en plus de virulence, jusqu’aux affrontements ultimes, qui s’enchainent, se percutent, se chevauchent.

    Encore une fois j’ai adoré l’univers de Caryl Ferey, qui imbrique histoire, social, politique et polar, un univers sans concessions une fois encore, même si le niveau de violence est un peu en deçà de celui présent dans Zulu (enfin, c’est mon ressenti). Encore une fois je vous recommande donc cette lecture ! Quant à moi, 2 autres romans de Ferey m’attendent dans ma MAL, il n’y a plus qu’à…

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