• First  de Albane Mondetour  ; auto édition, 186  pages

     

    Comme un goût de rendez-vous manqué

     

    Comme un goût de rendez-vous manqué

     

    Mon avis après lecture : 3,5/5

    Ambiance : frown

    https://www.prixdesauteursinconnus.com/   

     

    Lecture numérique !

    Ici il est question de Céleste et de Lucie, toutes deux victimes d’un violeur et tueur récidiviste, nommé le Fantôme. Un tueur qui parfois décide de laisser la vie sauve, sans que personne sache pourquoi.  Tout au long de son récit l’auteur va alterner présent et passé ; le présent avec l’enquête menée pour identifier et arrêter le Fantôme ;  le passé car Céleste est persuadée qu’elle le connait, qu’elle l’a déjà côtoyé, et qu’elle nous raconte son histoire.

    J’ai lu ce roman en tant que membre du jury du Prix des Auteurs Inconnus catégorie Noire, il fait en effet partie des 5 romans choisis à l’issue de la phase de sélection (durant laquelle nous avons lu les 10 premières pages d’une  bonne cinquantaine  de romans candidats au Prix).

    Il ne faisait pas partie de ma sélection, ses premières pages ne m’ayant pas particulièrement emballée, sans toutefois me rebuter non plus, je n’y avais en fait rien trouvé de réellement accrocheur à mon goût. C’est donc sans a priori, mais sans réel enthousiasme non plus que j’ai abordé cette lecture.

    Et c’est précisément dans le même état d’esprit que je l’ai terminé, avec en plus un réel sentiment d’inachevé, la sensation que l’auteure avait, selon moi, raté de peu ce qui aurait pu être un très bon roman tel que je le conçois.

    Les personnages sont intéressants, mais pas suffisamment aboutis, comme si l’auteur n’avait pas été jusqu’au bout de ses idées ; les personnages secondaires notamment sont plutôt fades, sans aspérités réelle. Seule exception il me semble : le Fantôme dont la personnalité est progressivement dévoilée, de même que ses motivations (avec une idée que j’ai pour le coup trouvée vraiment surprenante !).

    L’histoire alterne entre présent et passé, un choix que j’ai beaucoup aimé car il contribue à donner du rythme ; il permet aussi d’amener un début de tension, mais qui là non plus ne va pas assez loin ; il aurait certainement fallu travailler plus encore certains éléments du présent (par exemple les relations entre les personnages, fades et sans surprises) pour les mettre au niveau des éléments du passé, nettement plus aboutis pour moi.

    Autre sujet dérangeant : le manque de consistance du personnage de policier, dont le comportement et les actes m’ont semblés peu cohérents, voire irréalistes, avec le sentiment que jamais il n’enquête vraiment, laissant cela à Céleste… étrange choix tout de même, qui fait à mon sens perdre de la crédibilité au roman et au récit.

    L’écriture elle est agréable, fluide, les mots sont pesés ; certes certaines phrases sont un peu longues, mais cela n’a jamais dérangé ma lecture. Pas vraiment de style vraiment personnel, de choix linguistiques forts qui démarquerait l’auteure des autres, mais une plume qui se laisse lire sans déplaisir.

    Bref, vous l’aurez compris, dans ce roman il y a selon moi quelques belles idées, mais non abouties, avec un fort gout d’inachevé. Mais bien sûr, ce n’est que mon humble avis !

     

     

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  • La catabase    de Jack Jakoli ; Éditions IFS, 308  pages

     

    Tout ça pour ça ….

     

    Tout ça pour ça ….

    Lecture numérique !

     

    mon avis après lecture : 2,5/5

    Ambiance :   ouchshocked

     

    J’ai lu ce roman en tant que membre du jury du Prix des Auteurs Inconnus catégorie Noire, il fait en effet partie des 5 romans choisis à l’issue de la phase de sélection (durant laquelle nous avons lu les 10 premières pages d’une  bonne cinquantaine  de romans candidats au Prix).

    Je vais être honnête, il ne figurait pas parmi les 5 que j’avais choisis. J’avais trouvé son extrait d’une violence inouïe, extrême, et sans aucun intérêt. Je n’avais pas non plus apprécié le manque de prévention à ce sujet : nulle part ne figure la mention » pour public averti », ce qui à mon sens est un manque de respect des futurs lecteurs. Même s’ils aiment le genre, tous les lecteurs de policiers  ne sont pas fans de l’ultra violence et de ses détails les plus sordides !

    C’est avec cet a priori négatif que j’ai donc abordé ma lecture. Un a priori qu’elle ne m’a pas permis de lever, car je suis clairement restée sur ma faim !

    Première chose je n’ai absolument pas compris le grand écart entre le premier chapitre extrêmement violent et le reste du roman. Je craignais de devoir supporter 300 pages de gore et de scènes abjectes, mais le reste du récit est classique, avec un niveau de violence équivalent à d’autres du genre. Pourquoi donc prendre le risque de se priver dès le début d’un grand nombre de lecteurs pour au final délivrer ce roman-là ? A la limite tant mieux pour moi, mais tout de même ce choix est vraiment étrange, comme si l’auteur était resté au milieu du gué sans réellement choisir dans quelle direction aller.

    D’autant plus étrange que le niveau de violence décrite n’apporte à mon sens rien au récit en lui-même ! Une femme torturée et assassinée en live pour le grand bonheur de voyeurs sadiques ; un homme arrêté, condamné, emprisonné, maltraité en prison, qui ressort des années plus tard ; un mari qui se retrouve seul à élever sa fille ; un des voyeurs qui souhaite ressentir à nouveau les mêmes émotions que celles que cette séance de torture lui a procurées. Bref, rien de bien nouveau d’après moi, et j’ai trouvé cette histoire plutôt fade, avec en plus des éléments trop vite survolés ou manquant, qui ne m’ont pas permis de  trouver un vrai liant entre les différentes périodes du récit.

    Je n’ai pas plus accroché aux personnages, aux personnalités tout juste ébauchées, notamment celles des policiers, du mari et de sa fille. Là aussi trop d’éléments manquent pour, selon moi, s’intéresser vraiment à eux et prendre plaisir à les suivre. Les relations entre le veuf et sa fille, par exemple, auraient pu être développées, pour donner plus de corps à l’ensemble, rendre tout cela moins artificiel, plus subtil.

    Quant au style d’écriture, peu de choses à en dire en fait ! Il ne m’a pas permis de ressentir beaucoup d’émotions, ni de m’embarquer dans l’histoire. J’ai par ailleurs à plusieurs reprises été surprise de certains choix de mots et d’expressions qui ne m’ont pas semblés appropriés.  

    Bref, un roman qui m’a rebutée dès les premières pages, pour ensuite me laisser sur le côté, sans que rien ne m’accroche ni ne me donne envie d’aller au bout. Sans le PAI, je pense clairement que j’aurai abandonné ma lecture pour passer à autre chose !  Mais ce n’est que mon humble avis !  

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  • Le fauteuil de César   de Laure Lapègue,  Editions Booknseries, 253 pages  

    Une belle plume mais …pas un policier

    Une belle plume mais …pas un policier

    Mon avis après lecture : 3/5  arf

    Ambiance : arf

    Lecture numérique !

     

    J’ai lu ce roman dans le cadre de la sélection finale pour le  Prix des auteurs inconnus  catégorie Noire.

    Ici il est question de César, auteur célèbre cloué dans un fauteuil roulant depuis un accident de voiture qui s’est produit il y a quelques mois, et qui depuis, vit reclus dans une grande maison au fin fond de l’Hérault. Pour ses 39 ans, il décide d’inviter ses meilleurs amis chez lui, pour un week-end qui, de festif, va virer au règlement de compte et au drame.

    Ce roman faisait partie de mon choix final car j’étais très curieuse d’aller au-delà des premières pages lues durant la période de sélection. Je m’attendais à une belle plume et à un huis clos tendu menant à des révélations et des réactions brutales (nous sommes dans la catégorie Noire).

    Pour la plume je n’ai pas été déçue car celle de l’auteure est vraiment très agréable : les mots sont précis, les phrases coulent avec simplicité et justesse, et tout est au service du récit, que j’ai pris un réel plaisir à lire. Laure Lapègue n’est peut-être pas encore tout à fait une très grand écrivain, mais franchement son style sans fioriture et maitrisé m’a plu, et m’a embarquée.

    Le huis clos on l’a aussi, le récit se déroulant dans un lieu unique, la maison et ses alentours très proches, voire parfois dans une pièce unique, la grande chambre dans laquelle les amis de César vont tous dormir.

    Pour ce qui est des révélations, il y en a aussi quelques-unes au fil de l’histoire. Mais cela reste tout même très gentillet, même si bien amené. Très gentillet car tout se focalise en fait  sur les relations entre les différents personnages, leurs histoires respectives, leurs liens, et surtout leurs amours et désamours. Une façon d’approcher le sujet en mode « livre de potes » plutôt que policier. Encore une fois, c’est bien écrit, bien décrit, mais sans répondre à ce que j’attendais.

    Quant aux réactions brutales, et au « huis clos à suspense qui flirte avec le thriller » (comme nous le promet la 4eme de couverture), et bien je les cherche encore ! Oui il y a une disparition, oui un des personnages a vécu un drame, mais tout ça est amené tellement vite, et surtout réglé tellement vite que je suis véritablement restée sur ma faim. Nous sommes tout de même ici, de mon point de vue,  dans le niveau proche de 0 concernant l’enquête qui se déroule en quelques pages à peine, quand le roman en compte plus de 200. Pour moi, il y a donc limite tromperie sur la marchandise !

    Clairement, ce livre ne correspond pas à ce que j’entends derrière les termes de policier, polar ou roman noir, et à ce que j’en attends. C’est plus, à mon sens, une histoire qui se situe entre « Peter’s friend » et « Les petits mouchoirs » avec un soupçon d’énigmes, et c’est en cela que je suis déçue. D’autant plus déçue  que, je le redis, j’ai apprécié le style de l’auteure, et que ce roman aurait pu (dû ?) entrer dans une autre catégorie, ce qui aurait totalement effacé ce sentiment. Mais ce n’est que mon humble avis !

     

    Pour en savoir plus !

    éditions booknseries

    twitter de l'auteure

    page Facebook de l'auteur

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  • Qui a tué l’homme homard ?    de J M Erre,  Editions Buchet Chastel , 368 pages   

    Morte…de rire avec ce policier déjanté !

    Mon avis : 5/5 cool cool

    Ambiance : money  oh

     

    Ici il est question d’un meurtre horrible avec découpage de corps, d’anciens pensionnaires d’un cirque de monstres, d’un gendarme ni alcoolique ni dépressif ni moche ni beau, et d’une enquêtrice amateur qui passe tout son temps avec le majeur dressé et des « ffffffffffffffffchhhhhhhier » à la bouche, quand elle ne bave pas. Tout ceci dans un délicieux petit village lozérien aux habitants plus accueillants (ou pas…) les uns que les autres.

    Ça donne envie non ? En tout cas moi qui aime de temps en temps sortir des sentiers battus - et des brumes nordiques ou villes américaines-  du polar cela m’a donné envie …d’autant plus que l’auteur n’est autre que JM Erre, un de mes chouchous !

    Et j’ai vraiment bien fait d’en sortir (des sentiers battus, il faut suivre …) car l’auteur nous propose un de ses meilleurs romans, le meilleur peut-être  (et venant de moi, qui suis fan totale de cette plume là, ce n’est pas peu dire) !

    En 368 pages, il réussit en effet l’exploit de dynamiter le genre tout en en respectant  les attendus !

     Les meurtres sont là, odieux : on s’en prend à des malades, des personnes âgées. Ils sont sanglants aussi avec  tronçonnages  joyeux et giclures de sang à gogo. Mais les victimes sont tellement mauvaises que finalement elles ne manquent à personne et que limite tout le monde se félicite de leur transformation en viande froide morcelée façon bœuf bourguignon.

      Les enquêteurs sont bien présents. Eux, toutefois, sont désespérément normaux, limite ennuyeux, d’où le renfort assuré par la narratrice de l’histoire, qui se décrète d’office adjointe et va nous conter à sa manière la déroulé de l’enquête. A sa manière car non seulement c’est une amatrice, mais surtout elle est tétraplégique, dotée d’un fauteuil roulant high tech (vitesse de pointe 25km/h tout de même !) et d’un ordinateur lui permettant de communiquer en mode personnalités multiples.

    Quant aux suspects ils sont pléthores et tout aussi …particuliers les uns que les autres ; d’ailleurs tout le monde finit par être suspect à un moment où à un autre, y compris Babiloune le pauvre stagiaire gendarme, c’est pour dire (comment diable peut-on considérer comme suspect potentiel un pauvre gars affublé d’un patronyme pareil, mais attention on ne sait jamais…) !  

    Le récit est lui tortueux et « chausse trappé » (quoi, pourquoi je n’aurais pas le droit moi aussi d’inventer des expressions !)  comme il se doit, avec des rebondissements en veux-tu en voilà, des fausses pistes plus vraies que nature, des cascades, des mises en danger, des découvertes et roulements de tambour à la pelle.

    Un policier donc. Mais à la mode Jean Marcel (oui Jean Marcel, pas Jean Marc ni Jean Michel ni Jean Maurice non plus), totalement barré, déjanté, frapadingue, qui vous fera pleurer de rire, si vous avez la jauge « humour » relevée au maximum bien sûr, sinon passez votre chemin malheureux, vous pourriez n’y rien comprendre !

    Et un policier rudement bien écrit, par-dessus le marché ! Comme d’habitude JM joue avec les mots, les expressions, les phrases (sujet verbe complément avec ou sans conjonction de coordination, nous avons là un auteur qui est aussi professeur de français) avec une facilité déconcertante. Il tord, détourne, joue avec la langue française pour nous proposer un style d’écriture qui n’appartient qu’à lui, une plume absolument jubilatoire que personnellement j’adore !

    Si j’osais –allez, j’ose-  je dirais que J’M Erre (je sais c’est nul, franchement pas au niveau du tout coté jeux de mots) et que tant qu’il nous écrira des romans pareils je redoublerai avec bonheur ! Et bien sûr je vous recommande ce roman, que dis-je,  je vous le recommande chaudement… Alors vous savez ce qui vous reste à faire : courir chez votre libraire préféré et acheter cette pépite, vos zygomatiques et la langue française vous remercieront !

     

    En bonus, un extrait de l’émission La Grande Librairie avec la participation de l’auteur

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  • Radeon   de Franck Dive,   Éditions Scrineo, 480 pages  

     

    Un excellent Young Adult !

    Mon avis après lecture : 4/5 money

    Ambiance : shocked

     

    Tout d’abord merci à Babelio et aux éditions Scrineo qui m’ont permis de découvrir ce roman et son auteur !

    Ici il est question d’Amayaz, un jeune Bédouin survivant sur la face toujours ensoleillée d’une Terre dévastée par un cataclysme, et de la relation symbiotique qu’il entretient avec la lionne Sambaa. Cette symbiose l’aide à chasser et donc à survivre, mais elle  intrigue et intéresse aussi fortement les Chabs, peuple qui, lui, survit  sur la face éternellement obscure de la planète.  Des Chabs bien plus évolués technologiquement que les Bédouins, grâce au Radeon, minerai dont ils sont extrêmement dépendants. Amayaz va vouloir protéger Sambaa et les siens, et va découvrir un mode de vie totalement nouveau pour lui.

    Encore un Young Adult post-apocalyptique me direz-vous ! Et vous aurez raison, nous sommes bien dans cette catégorie, dont on retrouve tous les  codes : les héros sont des adolescents, ils doivent se battre pour sauver leur vie, et ce dans un environnement dévasté et violent. Mais un YA que j’ai trouvé plutôt réussi, voire très réussi !

    L’écriture est fluide, très agréable à lire,  elle participe  à donner un rythme rapide au récit et se met au service des rebondissements.

    Les personnages principaux sont sympathiques et donnent envie de les suive ; certes ils pourraient être un peu plus complexes mais ne tombent pas non plus trop dans la facilité ni la mièvrerie souvent très présentes dans le YA. Le reproche que je pourrais faire est le côté trop caricatural des personnages négatifs, qui auraient mérité un peu plus de finesse (vous le savez, j’aime les « méchants » intéressants et là je suis restée un peu sur ma faim).  

    Concernant l’histoire j’ai lu le roman d’une traite, quasiment sans m’arrêter, signe que l’auteur a parfaitement réussi  à m’embarquer avec lui auprès d’Amayaz, dans sa course poursuite pour la survie, entre la chaleur extrême de son lieu de vie , le froid mortel des villes des cités Chabs et la dangerosité de la zone « entre deux mondes ».

    Beaucoup de questions me sont d’ailleurs venues durant ma lecture auxquelles j’aimerais que l’auteur réponde dans un prequel (pourquoi la Terre a-t-elle arrêté de tourner ? d’où viennent les animaux étranges qui peuplent l’entre deux monde ? quand le Radeon a-t-il été découvert ? etc.), signe que j’ai vraiment accroché à l’univers proposé !

    Vous l’avez compris, j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce livre particulièrement efficace,  qui pour moi répond à 100% à ce qu’on attend de lui. Je vous le recommande donc si vous aimez le genre !  

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