• Hortense de Jacques Expert  (Editions Sonatine) ; 336 pages

    Déçue par ce dernier Expert

    Il fallait bien que cela arrive… Il fallait bien qu’un jour je tombe sur un roman de Jacques Expert qui allait me décevoir, et voilà c’est fait, avec Hortense.

    Pourtant, l’idée était intéressante : une petite fille est enlevée il y a 20 ans,  et un jour dans la rue sa mère Sophie croise une jeune fille, Emmanuelle, et immédiatement elle en est persuadée, elle sait que cette jeune fille, c’est Hortense, son enfant.

    Comme bien souvent, Jacques Expert va nous faire plonger dans la folie ordinaire. Celle de cette femme absolument et totalement convaincue qu’Emmanuelle est son enfant chérie, celle autour de qui toute sa vie tournait il y a 20 ans, celle autour de qui tourne encore toute sa vie, une vie terne, transparente, sans aucune joie. Mais est ce de la folie ou bien le hasard a-t-il bien fait les choses ?

    C’est sur cette question que repose en fait tout le cheminement du livre, et c’est à cette question que j’ai eu du mal à adhérer, ne retrouvant pas dans ce récit les effets de surprise que Expert contrôle si bien d’habitude. Dès les premières pages, je me suis fait un avis (validé par la fin), et mon plaisir en a été gâché. Je n’ai pas non plus retrouvé la maitrise du rythme et du crescendo qui font  la force de ses romans précédents, et disons le, je me suis ennuyée. J’ai trouvé le récit lent, long,  beaucoup trop linéaire, sans aspérité ni rebondissement, totalement plat.

    A l’exception de Sophie, les personnages ont pour moi peu d’envergure, peu d’aspérités, ils manquent de complexité, de cette ambigüité qu’Expert nous propose habituellement et qui font pour partie la richesse et l’intérêt de ses livres.

      Pourtant la plume de l’auteur est toujours là, avec sa qualité d’écriture ; on retrouve aussi ce qu’il aime mettre en avant : un protagoniste central autour duquel l’histoire tourne et progresse. Mais cette fois ci cela n’a pas fonctionné sur moi. Peut-être que je connais trop bien son univers maintenant pour être surprise ? Peut-être attends-je toujours plus de lui ? Je n’en sais rien. Je ne vous recommanderai donc pas Hortense, ce qui n’enlève rien à la qualité de ses autres romans ! Et bien sûr, ceci n’est que mon humble avis …

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  • Les pluies de Vincent Villeminot  (Editions Fleurus) ; 338 pages

    Un roman  « Young Adult » réussi !

    Dans ce roman « young adult », la pluie tombe sans fin et cinq enfants et adolescents se retrouvent seuls, au milieu des flots qui détruisent tout. Ils vont devoir se battre, pour survivre d’abord, puis pour rester ensemble malgré tout.

    Je ne suis pas forcément une adepte du genre, mais il faut tout de même admettre que certains de ces romans sont de très bonnes surprises, et celui-ci en fait partie.

     Le récit tout d’abord est diablement efficace, avec un rythme parfaitement maitrisé ; cela va vite, très vite, de plus en plus vite, sans fioriture mais avec réalisme. Les éléments les plus violents sont bien présents, même si édulcorés pour certains (ou plutôt adaptés à l’âge moyen des lecteurs potentiels) : meurtres, phénomènes de foule, violence, pillages, …Les scènes sont franchement bien décrites, sans fioritures, réalistes, qu’il s’agisse de l’eau qui monte, de la foule en attente de porte de sortie, des paysages transformés (difficile d’être plus précise sans spoiler, ce que je me refuse à faire !), ou bien des affrontements parfois inévitables entre les héros et ceux qui veulent les stopper, les voler, les éliminer.

    Comme dans toute situation de crise, l’auteur propose la palette complète des réactions humaines : ceux qui vont aider, ceux qui vont profiter, ceux qui vont magouiller, ceux qui vont vouloir dominer, ceux qui vont se laisser dominer pour survivre. Les protagonistes principaux ont leurs spécificités propres, certes pas toujours subtiles, mais il s’agit d’enfants et adolescents, qui doivent se débrouiller, donc cela reste tout de même crédible (à l’exception peut-être de Kosh, quasi parfait dans son rôle de grand frère protecteur et « droit dans ses bottes »). J’ai particulièrement apprécié que Vincent Villeminot nous épargne ce que l’on retrouve bien trop souvent dans ce genre : les atermoiements rose guimauve de certains personnages. Ici, ils agissent. Ils doutent parfois, bien sûr,  mais sans que cela s’étale sur des pages et des pages.

    Alors oui, ce n’est pas de la grande littérature, oui on se doute un peu que les scènes d’action devraient globalement se finir dans le bon sens, et oui il y a par moment quelques petits raccourcis faciles, mais il n’empêche que cela fonctionne,  que ce roman se lit d’une traite, sans reprendre son souffle, et que pour moi, c’est une réussite ! Alors vivement le tome 2 !

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  • Quand la neige danse  de Sonja Delzongle   (Éditions Denoel) ; 432 pages

    Au top !

    Avec Dust, Sonja Delzongle nous emmenait au Kenya, dans la chaleur africaine. Ici c’est dans l’hiver nord américain qu’elle  nous embarque avec ce roman, dans lequel il est question de disparition de 4 petites filles, dont les parents vont recevoir un cadeau aussi étrange qu’effrayant : une poupée coiffée et habillée comme leurs filles. Hannah, la profileuse va aider le père de l’une d’elle à enquêter sur cette disparition.

    Comme avec Dust, j’ai été emballée par la capacité de l’auteure à nous faire vivre et ressentir les émotions de ses personnages, et surtout à nous donner l’impression de nous retrouver nous aussi dans ce froid limite polaire, au milieu de cette neige, de ces lacs et forêts gelées. Elle réussit si bien à décrire les sensations qu’elle m’a réellement transmis le sentiment que j’avais froid, au point que je me suis surprise à aller chercher un gilet alors que j’étais tranquillement installée chez moi dans un fauteuil, bien au chaud !

     Le récit est lui prenant du début à la fin, avec un rythme d’abord plutôt tranquille, histoire d’installer contexte et personnages, puis qui s’accélère progressivement, jusqu’aux 100 dernières pages totalement impossibles à lâcher ! Il est par ailleurs suffisamment complexe pour proposer plusieurs pistes parfaitement plausibles, nous faisant douter plus d’une fois sur le fameux « qui a fait quoi et pourquoi » sur lequel tous les lecteurs de policier s’interrogent. La tension est, elle,  maitrisée d’un bout à l’autre, avec un crescendo qui rend le roman impossible à lâcher avant la fin (en tout cas me concernant !)

    L’écriture est simple, fluide, efficace, au service de l’histoire, avec de réelles qualités descriptives : moi qui n’aime pas les longs passages sur les paysages, je ne me suis là pas du tout ennuyée lorsque l’auteure évoque les forêts, le lac, la neige. Sonja Delzongle parvient à trouver le bon équilibre entre descriptions, nécessaires pour nous mettre dans l’ambiance, et déroulé de l’action.

    Le personnage de Hannah prend encore de l’ampleur tout en laissant la juste place aux autres protagonistes : le père d’un des fillettes, partagé entre désespoir et rage de retrouver sa fille en vie, le chef de la police locale prêt à accepter toutes les aides pour avancer et qui fait son boulot le mieux possible, les personnages secondaires, qui tous apportent des éléments importants.

    Vous l’avez compris, j’ai passé un excellent moment de lecture, je n’ai pas pu lâcher ce livre dans ses 200 dernières pages, et je vous le recommande vivement, car dans le genre je trouve que c’est une vraie réussite ! Et maintenant je n’ai plus qu’à attendre la sortie du prochain Delzongle, qui est entrée dans la liste de mes auteurs à suivre, tout en essayant de dénicher ses romans précédents (qui ne sont malheureusement pas disponible dans ma médiathèque, je sens que ma PAL va encore grimper) !

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  • Chanson douce  de Leila Slimani   (Éditions Gallimard) ; 240 pages

    Comme un manque d'émotion

    Leila Slimani nous raconte dans ce roman l’horrible histoire d’un double meurtre d’enfants, dont on connait la responsable dès les premières pages. Le but du récit n’est donc pas de découvrir qui a tué, mais ce qui a mené au meurtre. Elle va donc nous faire entrer dans la tête et la vie des protagonistes: les parents, la nounou, mais aussi les personnes tierces, par petites touches qui viennent interrompre le fil par leurs témoignages.

    J’ai beaucoup apprécié l’écriture et le style, précis, fluides, qui rendent la lecture très agréable. Les personnages sont eux aussi bien décrits et expressifs, on a aucun mal à les imaginer, voire à se les représenter physiquement, circulant dans cet appartement, échangeant entre eux, jouant avec les enfants. Et pourtant, malgré tout cela, il m’a manqué quelque chose, sans que je sache clairement définir quoi.

    Peut-être ai-je trouvé ces mêmes personnages un brin stéréotypés : le père avec ses contradictions entre son côté « gauche bohème », sa vision du salarié modèle et du couple modèle dont la femme doit quand même un peu rester à sa place ; la mère qui du jour au lendemain repasse de mère au foyer qui se laisse aller (cheveux sales et vêtements informes, hum !) à working girl qui aligne les heures et les dossiers comme tout bon avocat qui se respecte, mais qui en même temps s’en veut de si peu voir ses enfants (ah l’éternel dilemme des mamans …) ; la nounou silencieuse, modeste, invisible et parfaite, véritable Mary Poppins moderne, mais dont la magie va se révéler bien noire.

    Peut-être n’ai-je pas compris ce qui a été finalement l’acte déclencheur, qu’il n’y a pas à mon sens pas eu de vraie progression dans la psyché de Louise, en tout cas pas quelque chose de suffisamment expliqué. La tension se crée, selon moi,  parce que dès le début on connait la fin de l’histoire, et que voyant que l’on approche des dernières pages, on sait que le pire va se produire. Ce n’est pas le récit en lui-même qui génère cette tension, c’est le choix de structure que l’auteure nous propose, un choix affirmé et intéressant, mais qu’elle aurait pu accentuer plus encore en nous proposant une vraie évolution de Louise vers l’horreur.

    Surtout, je ne me suis pas sentie embarquée, j’ai lu cette histoire de façon très détachée, sans être émue, touchée, dérangée. Et ça je suis dans l’impossibilité de dire précisément pourquoi, mais c’est un constat que je fais : malgré ses qualités, je n’ai rien ressenti de particulier avec cette Chanson douce, et je ne vous la recommanderai donc pas ! Mais bien sûr ce n’est que mon humble avis !

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  • Vostok  de Laurent Kloetzer   (Editions Denoel) ; 432 pages

     

    Quel ennui …

    lecture numérique !

    Dans ce roman d’anticipation, il est question d’une jeune fille, Léo, sœur d’un chef de gang sud américain (Juan), qui va devoir suivre celui-ci et certains membres du gang jusqu’à Vostok, base polaire perdue loin de tout, à la recherche d’une hypothétique bactérie.

    J’attendais beaucoup de ce roman et autant dire que j’ai été particulièrement déçue. Je me suis profondément ennuyée, et avoue avoir lu les 100 dernières pages très vite et sans aucun plaisir.

    Les personnages m’ont parus stéréotypés : le chef de clan violent mais intelligent ; la petite sœur un tantinet rebelle face à ce grand frère, mais pas tant que ça tout de même, et toujours bienveillante malgré tout ; celui qui obéit au chef mais finit par douter et remettre en question ; celle qui vénère le chef mais qui, ancienne droguée, va retomber dans ses travers ; le scientifique russe prêt à tout pour défendre ses recherches, etc etc. Ils sont tous fini par m’horripiler plus ou moins, sans jamais m’intéresser.

    Le récit m’a semblé long, très long, très très long, avec certes des rebondissements, mais tellement attendus qu’on ne peut franchement pas les appeler des surprises. Les descriptions de ce monde de froid et de glace sont effectivement réussies, et nous transportent bien dans cet environnement si particulier, mais jamais je n’ai eu le sentiment d’y être vraiment, pas plus que je ne me suis sentie vivre ce que vivaient les personnages. Je me suis contentée de suivre leurs péripéties sans ressentir quoi que ce soit ou presque.

    Les éléments de science fiction, eux,  n’ont pas été, pour moi, ni suffisamment expliqués, ni suffisamment exploités, notamment cet étrange personnage du ghost, qui aurait mérité bien mieux qu’une simple présence résiduelle. Pas grand-chose sur ce qu’il est vraiment, sur l’intérêt de sa présence pour Léo et pour l’intrigue. Vendre ce roman comme un roman de science fiction me semble tout de même limite, car oui, on se trouve dans le futur (assez récent), mais franchement les aspects « anticipations » sont -pour la lectrice de SF que je suis- tout de même bien trop ténus pour qu’on puisse les mettre en avant. Je les ai en fait vécus comme des aspects « d’ambiance » sans intérêt propre.

    Alors, oui l’écriture est agréable, et par moment plutôt belle (notamment dans les descriptions du froid terrible et de ses conséquences), mais elle ne m’a pas suffi pour apprécier ce Vostok qui m’a laissée totalement indifférente. Je suis totalement passée à côté du livre  (contrairement semble-t-il à pas mal de lecteurs plutôt enthousiastes à son sujet) et je ne vous le recommande donc pas ! Mais bien entendu ceci n’est que mon humble avis.  

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